Les Échos de la Plateforme

Nº 2 - Été 2003 - Trimestriel de la Plateforme Forêts-Communauté européenne

La Plateforme Forêts-Communauté européenne est une initiative de FERN visant à assurer un lien entre les populations du Sud et la Communauté européenne dans le domaine de l’aide et des forêts. www.fern.org/pages/aid/platform.htm

 

Sommaire

 

Les débats de la Plateforme

  1. La Commission européenne hermétique quant aux directives de programmation
  2. La lutte de la Commission européenne contre l’abattage illégal ne va pas suffisamment loin

 

Nouvelles politiques de l’Union européenne

  1. Un nouveau cadre de programmation des lignes budgétaires pour la forêt et l’environnement

 

Nouvelles du monde

  1. La Cour des comptes européenne plaide pour l’inclusion de la gestion des ressources naturelles dans la stratégie par pays concernant l’Inde
  2. La corruption au Lesotho se retourne contre les entreprises européennes
  3. La Banque européenne d’investissement va-t-elle favoriser la plantation d’eucalyptus ?
  4. Des compagnies européennes en flagrant délit d’abattage
  5. Le soutien suédois à la destruction des forêts indonésiennes
  6. La gestion communautaire des forêts en Indonésie
  7. L’appui de la Commission européenne à la gestion communautaire des forêts en Asie du Sud-Est

 

Informations utiles

  1. Démêler l’écheveau européen : nouvelles publications et documents
  2. La Plateforme Forêts-Communauté européenne en bref

 


Les débats de la Plateforme

 

1. La Commission européenne hermétique quant aux directives de programmation

 

Les ONG ont formellement demandé à la Commission européenne les directives pour l’évaluation à mi-parcours des documents stratégiques par pays (les documents officiels qui explicitent de quelle manière l’aide communautaire sera utilisée). Des tentatives préalables visant à obtenir des renseignements sur ce processus et le calendrier n’ont reçu que des réponses évasives. Or, l’omission d’information aux parties intéressées des pays concernés est en contradiction évidente avec la politique d’aide de la CE centrée sur la responsabilité et la maîtrise nationales des projets.

 

Le but des revues à mi-parcours est d’évaluer la manière dont les objectifs de l’aide au développement sont transposés dans les faits. Les ONG des pays partenaires veulent participer à ces évaluations, mais ils auront très peu de chances de se faire entendre si l’on continue à faire mystère de ce processus. La requête des ONG tombe à point nommé vu que la revue à mi-parcours pour les pays d’Asie et d’Amérique latine est actuellement en cours et que celle des pays ACP doit démarrer en 2004. Il semble bien que la Commission a déjà décidé quel sera le résultat de ces évaluations : le maintien du statu quo ou le renforcement de secteurs tels que le commerce, la migration, le terrorisme et la drogue. Cela ressemble davantage à un programme d’affaires extérieures ou de sécurité qu’à un programme d’atténuation de la pauvreté. On voit mal comment la politique d’aide de la CE peut se prétendre inclusive sans la contribution des ONG aux revues à mi-parcours,.

 

Pour FERN, la transparence et la participation des ONG au processus d’évaluation à mi-parcours sont essentielles. Vu que les questions concernant la gestion des ressources naturelles et les populations autochtones n’ont pas figuré dans la dernière série de documents stratégiques par pays et par région, la revue de mi-parcours est une occasion unique pour y apporter des améliorations.

 

SOURCES D’INFORMATION SUPPLÉMENTAIRES

 

Lettre des ONG à la Commission : http://www.fern.org/pubs/ngostats/mtr.pdf

Lettre aux ONG des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique :

-    NGO involvement in the evaluation of the Country Strategy Papers (mid-term review), ACP States : http://www.fern.org/pubs/platform/ACP_en.htm

-    Participation des ONG à l'évaluation des documents stratégiques par pays (revue de mi-parcours), Pays Afrique, Caraïbes, Pacifique : http://www.fern.org/pubs/platform/ACP_fr.htm

Lettre aux ONG des pays d’Asie et d’Amérique latine :

-    How NGO can get involved in the evaluation of the Country Strategy Papers, Asia and Latin-America : http://www.fern.org/pubs/platform/ALA_en.htm

-    Participación de las ONG en la evaluación de los Informes Estratégicos Nacionales, Asia y América Latina : http://www.fern.org/pubs/platform/ALA_sp.htm

 

2. La lutte de la Commission européenne contre l’abattage illégal ne va pas suffisamment loin

 

Comme annoncé dans le dernier numéro des Échos de la Plateforme, la Commission européenne s’est engagée à élaborer un plan d’action pour l’application de la réglementation forestière, la gouvernance et les échanges commerciaux (FLEGT). Ce plan d’action a été publié en mai 2003. Il couvre un large éventail de questions : soutien aux pays producteurs, commerce du bois, marchés publics, initiatives du secteur privé, financement et investissement, instruments législatifs existants dans des domaines tels que le blanchiment de capitaux et le commerce des espèces menacées d’extinction (CITES), et bois de la guerre.

 

Le plan d’action de la Commission européenne est un premier pas dans la lutte contre les délits à l’encontre des forêts. Le plan reconnaît le sérieux et la complexité du problème, et le fait que l’UE, en tant que grande consommatrice de produits dérivés du bois, doit orienter sa demande exclusivement vers le bois légalement récolté. La Commission reconnaît que l’application de la réglementation – sans modification des lois injustes – peut aggraver la situation des populations habitant la forêt. Il s’agit là d’un élément crucial pour la recherche de solutions efficaces. La Commission passe en revue un large éventail de solutions, dont beaucoup doivent être davantage développées. Néanmoins, aucune d’entre elles n’est suffisamment concrète pour fournir aux États membres des orientations claires. En outre, la Commission se borne à énumérer des « options », sans présenter de stratégie claire, alors que cést là le propre d’un plan d’action. De ce fait, elle ne garantit pas que de telles initiatives soient adéquates pour lutter contre la criminalité dans le secteur forestier.

 

Le plan d’action ne mentionne que le besoin de « rechercher des moyens » de rendre illégale l’importation, dans l’Union européenne, de bois récolté illicitement. Des suggestions plus concrètes auraient été préférables, puisque le plan souligne que l’abattage illégal conspire contre de nombreux éléments essentiels des objectifs de développement de la CE. La formulation actuelle permet à l’UE de continuer à blanchir de grands volumes de bois illégalement récolté. FERN résume ainsi la situation : « Il est scandaleux que l’UE continue de blanchir des produits forestiers illégaux et de priver les gouvernements producteurs de revenus indispensables, tandis que la déforestation et la violation des droits des peuples habitant les forêts se poursuivent sans rencontrer d’opposition ».

 

Le plan d’action a été envoyé au Conseil et au Parlement européen. Les États membres (représentés dans le Conseil) et le Parlement européen ont un rôle fondamental à jouer pour faire avancer ce plan. Il est vital que la Commission soit mandatée par le Conseil pour négocier avec les pays partenaires des accords bilatéraux destinés à combattre le commerce illégal des produits de la forêt et à établir le régime d’autorisation proposé. Une large participation des groupes de la société civile est elle aussi essentielle à l’élaboration de ces conventions. En effet, les accords bilatéraux avec des pays où les gens ne peuvent pas s’exprimer librement (et ces pays sont nombreux) vont très probablement conduire à renforcer des lois injustes, et à punir des personnes innocentes pour des « crimes contre la forêt ». Il est donc vital d’assurer une supervision indépendante de la mise en place de tels accords.

 

SOURCES D’INFORMATION SUPPLÉMENTAIRES

 

Le Plan d’action : http://europa.eu.int/comm/development/development_old/sector/FLEGT_en.pdf#zoom=100

 

Analyse du Plan d’action par FERN : http://www.fern.org/pubs/briefs/illegallog2.pdf

 

Recommandations de FERN au Conseil : http://www.fern.org/pubs/ngostats/AP_reccs.htm

 

Recommandations conjoints des ONG : http://www.fern.org/pubs/ngostats/NGOFLEGT.htm

 

 

Nouvelles politiques de l’Union européenne

 

3.      Un nouveau cadre de programmation des lignes budgétaires pour la forêt et l’environnement

 

La CE élabore un cadre de programmation commun pour toutes les lignes budgétaires thématiques dans le domaine des relations extérieures, y compris les lignes budgétaires pour l’environnement et les forêts. Cette décision fait suite à l’introduction du cadre commun pour les documents de stratégie par pays et par région, et au débat en cours sur le rôle des lignes budgétaires thématiques au regard des programmes de stratégie par pays et par région. L’adoption d’un tel cadre pourrait aboutir à une programmation pluriannuelle et (enfin !) transparente.

Le prochain appel à propositions pour la ligne budgétaire sur les forêts et l’environnement est annoncé pour l’automne 2003.

 

SOURCES D’INFORMATION SUPPLEMÉNTAIRES

Promotion de la conservation et de la gestion durable des forêts tropicales et autres forêts dans les pays en développement : http://europa.eu.int/comm/secretariat_general/sgc/aides/forms/aidco17_en.htm

 

Promotion de la pleine intégration de la dimension environnementale dans les processus de développement des pays en développement : http://europa.eu.int/comm/secretariat_general/sgc/aides/forms/aidco18_en.htm

 

Nouvelles du monde

 

4.      La Cour des comptes européenne plaide pour l’inclusion de la gestion des ressources naturelles dans la stratégie par pays concernant l’Inde

 

Dans un rapport publié en juin 2003, la Cour des comptes de la Communauté européenne (CE) recommande à la Commission européenne d’étendre la portée de son nouveau document de stratégie CE-Inde à des questions importantes comme l’agriculture et la gestion des ressources naturelles.

 

La pauvreté en Inde est décrite comme un phénomène surtout rural, trois personnes sur quatre vivant dans des zones rurales. La communication de la Commission européenne sur la lutte contre la pauvreté en milieu rural établit que la faim et la pauvreté sont des problèmes surtout ruraux, et que la dégradation environnementale, qui devient de plus en plus grave dans les zones rurales, est étroitement liée à la pauvreté. La politique de la CE et son approche du développement rural visent donc à intégrer les objectifs de réduction de la pauvreté, de sécurité alimentaire et de gestion durable des ressources naturelles dans un cadre cohérent, comme indiqué dans la communication concernant la pauvreté rurale. La Cour manifeste que la Commission n’a pas suivi cette approche dans sa nouvelle stratégie pour l’Inde et que, en revanche, l’aide 2002-2006 de la Commission à ce pays sera centrée sur les secteurs de la santé et l’éducation, sans traiter des problèmes spécifiques ayant trait à la pauvreté dans les domaines de l’agriculture et de la gestion des ressources naturelles.

 

La Cour a identifié deux projets de développement rural qui ont abouti de façon directe à un développement durable pour les plus démunis. Néanmoins, la nouvelle stratégie n’indique pas si ces projets bénéficieront d’un suivi. La Cour recommande que de telles approches réussies soient proposées comme modèle à appliquer par le gouvernement indien dans le cadre de ses propres programmes et stratégies de réduction de la pauvreté.

 

SOURCES D’INFORMATION SUPPLÉMENTAIRES

 

Communication de la Commission européenne sur la lutte contre la pauvreté en milieu rural : http://europa.eu.int/eur-lex/fr/com/cnc/2002/com2002_0429fr01.pdf

 

Rapport spécial de la Cour des comptes « relatif à l’efficacité de la gestion, par la Commission, de l’aide au développement en faveur de l’Inde en termes de ciblage des populations démunies et de garantie de la durabilité » : http://www.eca.eu.int/fr/reports_opinions.htm, dans la section Rapports spéciaux.

 

Document de stratégie par pays CE-Inde : http://europa.eu.int/comm/external_relations/india/csp/index.htm

 

5.      La corruption au Lesotho se retourne contre les entreprises européennes

 

La corruption accompagne souvent la mise en oeuvre des grands projets d’infrastructure dans le Sud. Dans la plupart des cas,  la culture du pays bénéficiaire est rendue responsable de ce que l’on classe comme un « problème des pays en développement ».

 

Des poursuites judiciaires sans précédent engagées au Lesotho montrent au reste du monde que ce blâme se trompe de cible. Des sociétés canadiennes et allemandes ont été déclarées coupables de corruption de fonctionnaire dans la course aux contrats du Lesotho Highlands Water Project. Des compagnies italiennes, britanniques et françaises risquent à leur tour d’être assignées en justice. Il apparaît que l’UE et ses États membres ont appuyé les compagnies impliquées au moyen de prêts de la Banque européenne d’investissement (122,5 millions EUR), des aides au développement du Fonds européen de développement (59,8 millions EUR), et de garanties de plusieurs agences européennes de crédit à l’export. Voilà une situation qui devrait pousser l’UE à reconnaître sa responsabilité. En 1999, la Commission européenne avait promis d’aider le Lesotho à payer les coûts des procès. A ce jour pourtant, aucune subvention n’a été allouée et la Commission se distancie maintenant de son engagement de départ.

 

Une séance du Parlement européen a été consacrée en juin 2003 au rôle des compagnies européennes et à la responsabilité de l’UE. Des témoins clés, incluant l’avocat-conseil du gouvernement du Lesotho, ont été entendus. Les membres du Parlement européen Di Pietro, Howitt et Kinnock ont promis d’assurer le suivi de l’affaire. Enfin, l’office anti-fraude de la Commission européenne (OLAF) considère la possibilité de procéder à un audit portant sur les fonds publics dépensés à aider les sociétés mises en cause à remporter des contrats.

 

SOURCES D’INFORMATION SUPPLÉMENTAIRES :

 

Réformes clés pour les ACE (Agences de crédits à l’export) : http://www.fern.org/pubs/ngostats/ECAdemands2.pdf  

Liste des ACE de l’UE : http://www.fern.org/pubs/briefs/euecas.htm

 

 

6.      La Banque européenne d’investissement va-t-elle favoriser la plantation d’eucalyptus ?

 

Un projet d’usine de pâte à papier (Veracel), a été présenté à la Banque européenne d’investissement (BEI), où il est maintenant à l’étude. Une société mixte constituée par Aracruz Cellulose (Brésil) et Stora Enso (Finlande) se propose de construire la plus longue ligne de production de pâte blanchie d’eucalyptus du monde. Aracruz est déjà l’un des premiers producteurs de pâte blanchie d’eucalyptus (2 millions de tonnes par an) et l’entreprise est tristement célèbre pour avoir causé des conflits liés aux droits fonciers, occupé une vaste région de terres agricoles fertiles dans les États d’Espirito Santo et Bahia, entravé le processus de réforme agraire et aggravé le problème de la concentration de terres. Le soutien demandé à la BEI s’élève à 70 millions d’euros, sur un investissement total de 858 millions USD.

 

L’usine de 900 000 tonnes par an, qui sera située à Bahia, augmentera la demande d’eucalyptus. Aracruz dépend déjà de la pâte produite par Veracel à Bahia pour alimenter ses propres usines d’Espirito Santo. Le projet proposé aura beaucoup plus d’effets négatifs que positifs sur l’économie régionale, parce que les monocultures à grande échelle ont de graves conséquences qui s’ajoutent aux problèmes non résolus de violation des droits fonciers, de concentration des terres, de déplacement des activités agricoles à petite échelle,  de disparition de la forêt indigène (Mata Atlantica), de développement non durable et  de pollution environnementale. Le projet de Veracel ne tient pas plus compte de la pression politique qui existe au Brésil pour une réforme agraire authentique et pour la production de cultures alimentaires. Veracel menace donc les moyens de subsistance des communautés locales et des paysans de la région.

 

Le mouvement « Alerte Désert Vert », qui s’oppose à l’expansion des plantations d’eucalyptus dans plusieurs États brésiliens (Espirito Santo, Bahia, Minas Gerais et Rio de Janeiro), lutte maintenant contre la construction de l’usine de pâte à papier de Veracel à Bahia. Vingt-neuf ONG ont rassemblé leurs forces pour exhorter Philippe Maystadt, le président de la BEI, à ne pas approuver le financement de l’usine de Veracel.

 

SOURCES D’INFORMATION SUPPLÉMENTAIRES

 

Lettre des ONG au président de la BEI : http://www.fern.org/pubs/ngostats/EIB_1.htm

 

Déclaration du mouvement Alerte Désert Vert : http://www.fern.org/pubs/ngostats/portoseguro.htm

 

Liste des projets de la BEI : http://www.eib.org/projects/pipeline/

 

7.      Des compagnies européennes en flagrant délit d’abattage

 

Des preuves de l’implication de compagnies forestières des Pays-Bas dans l’abattage illégal au Cameroun ont été découvertes par 3 ONG : Greenpeace, Forest Monitor et le Centre pour l’environnement et le développement. Ces ONG affirment également que les compagnies concernées n’ont pas respecté leur promesse aux communautés locales d’améliorer l’infrastructure et de les dédommager de l’exploitation des forêts.

 

Des rapports récents fournissent des détails sur les opérations illégales de Wijma, Reef et la Compagnie industrielle et commerciale des bois exotiques (CIBEC), une société camerounaise dirigée par un homme d’affaires hollandais. En utilisant des coordonnées GPS, l’enquête menée sur Wijma a trouvé des preuves d’un réseau routier illégal, d’entrepôts temporaires de bois, de rondins abandonnés et de souches dans une aire de 14 km2 au-delà des limites de la concession de Wijma. Les rondins abandonnés portaient la marque de Wijma, ce qui prouve que l’entreprise entendait les vendre. Les premières estimations indiquent que quelque 9 800 m3 de bois, pour une valeur d’environ 1,5 millions EUR, ont pu être commercialisés de manière frauduleuse. Les ONG ont trouvé des preuves d’activités du même genre menées par Reef et CIBEC, alors qu’aucune de ces compagnies ne possède un permis d’abattage valable et que leurs scieries locales ne peuvent traiter que du bois fourni par d’autres entreprises. Les rapports recommandent aux gouvernements d’acheter du bois provenant uniquement d’opérations forestières légales qui, au minimum, soient conformes aux normes FSC. Le gouvernement du Cameroun et l’Union européenne devraient d’ailleurs renforcer leur législation contre l’abattage illégal et le commerce de bois illégalement récolté, et s’assurer que ces lois soient absolument respectées.

 

SOURCES D’INFORMATION SUPPLÉMENTAIRES

 

Rapports des ONG sur Wijma, Reef et CIBEC : http://www.cedcameroun.org, section Documents, versions anglaise et française.

 

8.      Le soutien suédois à la destruction des forêts indonésiennes

 

Dans un rapport publié en avril 2003, la Société suédoise de conservation de la nature (SSNC) analyse le rôle joué par l’agence suédoise de crédits à l’export dans le financement de l’un des pires délinquants de l’industrie forestière indonésienne. La société impliquée, Asia Pulp and Paper (APP), est à présent en pleine crise financière et en cessation de paiement de ses créditeurs.

 

Le rapport montre comment EKN, une institution appuyée par le gouvernement, a octroyé dans les années 90 plusieurs garanties de prêts à des sociétés forestières indonésiennes, y compris la filiale d’APP Indah Kiat. Au cours des années suivantes, APP et Indah Kiat ónt été sévèrement critiquées pour leur participation à des activités forestières illégales et non durables, et les conflits sociaux qui en ont découlé. Les seules opérations d’Indah Kiat sont responsables de la déforestation de 287 000 hectares, soit environ un tiers du total  de la production destinée à l’industrie indonésienne de la pâte et du papier. EKN affirme qu’à l’heure actuelle, de telles garanties ne seraient pas accordées à APP,  pour des raisons économiques et environnementales. Mais EKN ajoute qu’au moment de donner les garanties en question, elle n’avait aucune exigence à l’égard de l’environnement. Alors que les agences de crédit à l’export tentent de récupérer ce qu’elles peuvent de leurs fonds mal placés, elles commencent peut-être à comprendre les avantages qu’elles auraient à intégrer des précautions environnementales et des exigences de transparence à leurs critères d’évaluation des sociétés demandeuses.

 

SOURCES D’INFORMATION SUPPLÉMENTAIRES

 

Paper Tiger, Hidden Dragon, Amis de la Terre, http://www.foe.co.uk/resource/reports/paper_tiger_hidden_dragons.pdf

 

 

9.      La gestion communautaire des forêts en Indonésie

 

Le Consortium pour l’appui du système de gestion communautaire des forêts (KpSHK) d’Indonésie nous a adressé un dossier concernant un système alternatif de gestion des ressources naturelles, et en particulier des ressources de la forêt, élaboré par les populations locales sur la base des conditions et de la situation sur place. Ce document est disponible sur le site web de la Plateforme, à l’adresse : http://www.fern.org/pubs/platform/KpSHK.htm

 

10.  L’appui de la Commission européenne à la gestion communautaire des forêts en Asie du Sud-Est

 

La Commission européenne finance, par le biais de sa ligne budgétaire pour les forêts tropicales et autres forêts dans les pays en développement, le réseau Forêts de l’Asie (Asia Forest Network, AFN). Les membres de l’AFN sont actifs dans 19 projets de soutien à la gestion communautaire des forêts (CFMSP) dans cinq pays du Sud-Est asiatique : Cambodge, Indonésie, Philippines, Thaïlande et Vietnam. Pour davantage d’informations sur les activités du réseau et sur ses membres visitez le site web de l’AFN : http://www.asiaforestnetwork.org/

 

11.  Démêler l’écheveau européen : nouvelles publications et documents

 

– Note d’information pour les ONG sur l’obligation de la Commission européenne d’inclure la société civile dans les politiques et les pratiques d’aide au développement :

 

– Document présentant différentes opinions au sujet de l’aide au développement de l’Union européenne : il y a un décalage entre les intentions et objectifs déclarés d’un côté, et la réalité de l’autre. Ce document aborde un des domaines les plus importants de la politique d’aide de l’UE, et essaie de jauger à leur juste valeur autant les intentions déclarées que la réalité. Between intentions and reality : the problem of incoherence : http://www.aprodev.net/, section Development policy.

 

12.  La Plateforme Forêts–Communauté européenne en bref

 

En juillet 2002, FERN a lancé la Plateforme Forêts–Communauté européenne (CE), dans le but de veiller à ce que la coopération au développement de la CE (10 % de l'aide publique mondiale au développement) ait un impact positif pour les forêts et les populations des forêts.

 

La Plateforme Forêts-EC vise surtout à :

 

·        offrir un canal de communication aux ONG et aux populations des forêts qui souhaitent faire entendre leur voix auprès de la Communauté européenne ;

·        débattre de l'impact des projets et politiques communautaires d'aide sur les forêts et les populations des forêts ;

·        fournir aux décideurs de la CE des informations de terrain sur les forêts et les populations des forêts ;

·        promouvoir le renforcement de la coopération et du dialogue entre les ONG de la CE et celles du Sud, les organisations des communautés locales et les organisations de peuples autochtones.

 

Les activités de la Plateforme doivent contribuer à améliorer la mise en œuvre des engagements pris par la Commission européenne en matière de coopération au développement, d'intégration de la question environnementale et de reconnaissance de la société civile comme un partenaire actif. Les échanges entre les ONG environnementales européennes et les ONG du Sud doivent faciliter la sensibilisation des premières aux problèmes de développement des gens du Sud.

 

Pour plus d'informations ou pour coopérer à la Plateforme Forêts–Communauté européenne, visitez notre site web (www.fern.org/pages/aid/platform.htm) ou envoyez un courrier électronique à Bérénice Muraille, coordinatrice de la Plateforme, à l'adresse berenice@fern.org.