Les Echos de la P l a t e f o r me

N° 3 Juillet 2004 Trimestriel de la Plateforme Forêts–Communauté européenne
La Plateforme Forêts–Communauté eur  opéenne est une initiative de FERN visant à assurer un lien entre les populations du Sud et la Communauté européenne dans le domaine de l'aide et des forêts.



Chers membres de la Plateforme,
J’ai le grand plaisir de me joindre à vous comme nouvelle coordinatrice de la Plateforme Forêts–Communauté européenne. En mai, j’ai repris les fonctions de Bérénice Muraille, que FERN et moi remercions pour son excellent  travail et ses initiatives, et à qui nous souhaitons  le meilleur dans son nouvel emploi. J’en profite pour féliciter nos correspondants NGO locaux  Emmanuel Kam Yogo (
ekamyogo@africa-environment.org) du  Centre pour l’Environnement et le Développement (CED), Cameroun, et  Mardi Minangsari (mardi_minangsari@telapak.org) de Telapak, Indonésie. Leurs efforts pour établir les plates-formes locales ont été inestimables.

Le but des Echos est de vous informer des questions présentes et futures sur l’Aide au Développement et les Forêts dans la Communauté Européenne et de mettre en relation les personnes et les organisations intéressées à suivre les politiques et les projets européens. Pour la bonne compréhension, nous vous communiquerons des articles directs et simples en mettant l’accent sur ceux qui permettent de mieux comprendre la façon dont des décisions reliées à l'Aide au Développement et aux Forêts sont prises dans l’Union Européenne.

Afin de rendre ce bulletin le plus utile possible, n’hésitez pas à m'envoyer toute information que vous voudriez communiquer aux autres membres de la plateforme, qu’il s’agisse d’informations sur des projets, de documents ou ds prises de position, ou simplement de réponses aux nouvelles publiées ici. Ces échanges d’idées et d'informations permettront aux membres de la plateforme d'influencer l'Union Européenne et la manière dont son programme d’Aide affecte les forêts et leurs populations dans le monde. Vos propos et expériences pertinentes seront présentés aux fonctionnaires et aux décideurs des institutions européennes.

N’hésitez pas à m’envoyer vos commentaires et vos suggestions pour améliorer ce bulletin, ni à diffuser ces Echos aux personnes intéressées. Nous espérons que vous tirerez profit de cette occasion de faire de ce bulletin un forum ouvert à la discussion et l'échange d’informations sur l’Aide au Développement et les Forêts.

Iola Leal Riesco
Coordinatrice de la Plateforme Forêts–Communauté européenne
iola@fern.org
www.fern.org/pages/aid/platform.htm

 

Sommaire

Editorial

Les Debats de la P l a te f o r me
1. La Plateforme Forêts–Communauté européenne au Cameroun et en Indonésie
2. Initiatives de la CE concernant l’abattage illégal
a) Règlement de l’UE
b) Système de Licence
c) Définitions de la légalité

Nouvelles politiques de l’UE


3. Nouveau cadre juridique communautaire pour l'aide à l'Asie et à l'Amérique latine

4. Perspectives financières et avenir des lignes budgétaires thématiques de l’UE
5. Aucun examen parlementaire minutieux pour la coopération de l'EU ACP dans les 10 prochaines années ?
6. Consultation publique sur les directives du groupe de travail de l’UE

 

N o u v e l l e s  du Monde
7.
RDC: Les populations tributaires des forêts perdent leurs droits
8. Les bâtiments de la CE sont un ‘lieu du crime forestier’
9. Les ONG s’opposent à la construction d’une nouvelle usine de pâte en Indonésie
10. Analyse intermédiaire du  document de stratégie par pays (CSP) pour l’Indonésie


Informations  u t i l e s
11. Comprendre la complexité de l’UE: nouveaux briefings et publications
12. Qu’est-ce que la Plateforme Forêts–Communauté européenne ?

Les Debats  d e  l a  P l a te f o r me

1. La Plateforme Forêts-Communauté européenne au Cameroun et en Indonésie

Nos Plateformes Forêts–Communauté européenne camerounaises et indonésiennes sont maintenant établies. Elles avertissent la Commission Européenne et ses délégations camerounaises et indonésiennes, que les ONG qui défendent les forêts et les Organisations des Peuples Autochtones (IPOs) surveillent étroitement les projets de l’UE liés à l’Aide et aux forêts. Les correspondants locaux, Centre pour l’Environnement et le Développement (CED) et Telapak, ont organisé des conférences de formation sur l'Aide de l’UE avec les ONG locales et les IPOs, et informent déjà les membres de la Plateforme Forêts–Communauté européenne et la Commission sur les projets européens liés aux forêts et sur la définition des politiques par Bruxelles et par les délégations et les gouvernements locaux.

Pour obtenir des informations ou de la documentation sur les activités des platesfomes nationales ou pour joindre la Plateforme, veuillez contacter nos représentants locaux Emmanuel Kam Yogo (ekamyogo@africa-environment.org), CED, Cameroun, ou Mardi Minangsari (mardi_minangsari@telapak.org), Telapak, Indonésie.

2. Initiatives de la CE concernant l’abattage illégal

Règlement de l’UE
Le règlement pour contrôler les importations européennes de bois d’origine illégale provenant de certains pays du sud est maintenant à son stade final de préparation et pourrait toujours être finalisé avant la fin de l'été (voir Les Echos n°2). Le règlement traitera des aspects de contrôle aux frontières et formera la base juridique pour un système de licence et d’accords de partenariat envisagés dans le plan d'action de l'EU FLEGT, mais il n'évoquera pas les issues plus politiques telles que des définitions de la légalité ou le cadre des accords de partenariat.

La question-clé est la base juridique qui sera choisie pour ce règlement. Aujourd'hui, alors que la Commission a déclaré que la base juridique de ce règlement devrait être l'article 133 (directive commerciale) du Traité de l'UE, le Parlement européen, ainsi que quelques Etats membres, ont proposé que cela soit l'article 175 (environnement). Cela semble un simple jeu de chiffres, mais cette discussion est de très grande importance : l'article 133 ne permettrait pas au Parlement d’amender le règlement, mais donnerait les pleins pouvoirs à la Commission pour son achèvement et sa mise en oeuvre. Amender le règlement – ce qui est actuellement envisagé par la Commission - peut être essentiel vu les résultats récents des études sur les conséquences des systèmes de licence proposés. Ces études (voir ci-dessous) ont révélé que le système de licence tel qu’il est, est peu susceptible d'avoir le moindre effet positif sur le terrain.

Des doutes persistent quant à savoir si les accords entre l'UE et les pays exportateurs de bois peuvent aider à faire voter des lois plus équitables socialement à l’égard des populations tributaires des forêts dans ces pays. Les ONG ont énoncé à plusieurs reprises que la seule manière efficace serait une directive européenne permettant au service des douanes de l'UE d'agir contre toutes les importations illégales de bois - une position également soutenue par la fédération hollandaise du commerce de bois, qui a récemment signé un rapport commun avec les ONG hollandaises demandant une telle législation.

Système de Licence
Alors que la présentation par la Commission des directives pour contrôler l’importation illicite de bois atteint son étape finale, les divers organismes ont commencé à examiner les impacts potentiels du fonctionnement d’un système de licence qui accompagnerait une telle directive. Indufor Oy – sous contrat avec la Commission - (projet de rapport disponible sur info@fern.org), le Royal Institute for International Affairs (le rapport final sera disponible sur : http://www.illegal-logging.info/) et FERN ont tous présenté des rapports sur l'impact et/ou les fonctionnements d’un système de licence qui permettrait uniquement l’importation de bois légal des pays partenaires. Et bien que les approches des trois études diffèrent de manière significative, elles concluent notamment toutes trois que l’interdiction du bois d’origine illicite provenant des pays partenaires aurait un impact négligeable s’il était seulement limité au bois coupé et à la sciure. Il est donc essentiel d'étendre le système de licence à tous les groupes de produit – y compris la pâte à papier -. L'étude de FERN conclut cependant que, sans mesures complémentaires additionnelles, aucun système de licence ne pourrait contribuer à contrôler l’abattage illégal.

Définitions de la légalité

Il ne fait aucun doute que l’un des aspects les plus controversés de la légalité est la définition de ce qui est 'légal', ainsi que la manière de s'assurer que les produits inadéquats - quoiqu'ils puissent à proprement parler être légaux - ne deviennent pas 'acceptable', sous de nouvelles définitions.

Une première tentative pour définir la légalité vient dêtre adoptée en Indonésie. Cette définition est basée sur sept principes, 18 critères et nombreux sous critères ainsi quune explication détaillée. Elle sera testée en Indonésie cet été. Si les résultats de ces essais sont positifs, ils constitueront une base pour établir des procédures semblables dans d'autres pays. Dans le cas contraire, elle devra être réétudiée pour s'assurer que les activités commerciales légales puissent véritablement contribuer au bien-être des forêts dans le monde et des populations qui en dépendent.

LIENS
EU FLEGT Action Plan:
Le Plan d’action (Mai 2003): http://europa.eu.int/eur-lex/fr/com/cnc/2003/com2003_0251fr01.pdf
Analyse de FERN du Plan d’action et recommandations au Conseil (Juillet 2003): http://www.fern.org/pubs/briefs/illegallog2.pdf et http://www.fern.org/pubs/ngostats/AP_reccs.htm
Recommendations des ONG: http://www.fern.org/pubs/ngostats/NGOFLEGT.htm
Conclusions du Conseil (Octobre 2003): http://europa.eu.int/eur-lex/pri/fr/oj/dat/2003/c_268/c_26820031107fr00010002.pdf
Déclaration conjointe des ONG sur les Conclusions du Conseil (Octobre 2003): http://www.fern.org/pubs/media/FLEGTpr.pdf
Motion du Parlement européen (Janvier 2004): http://europa.eu.int/comm/development/body/theme/forest/initiative/docs/Doc7-EP_motion.pdf#zoom=100
Déclaration conjointe des ONG sur la Motion du Parlement européen (Janvier 2004): http://eu.greenpeace.org/downloads/forests/PRonEPResFLEGT.pdf
Publications de la Commission sur le Plan d’Action FLEGT. (Avril 2004): http://europa.eu.int/comm/development/body/theme/forest/initiative/briefing_sheets_en.htm
Positions des ONG:
Facing Reality: how to halt the import of illegal timber in the EU. FERN, WWF et Greenpeace (Avril 2004): http://www.fern.org/pubs/reports/facing_reality.pdf
Définitions de la légalité:
A Legality Standard for Timber Products from Indonesia (Mai 2004): http://www.illegal-logging.info/papers/Z%20Introduction%20and%20Principles.htm#Principles


N o u v e l l e s  p o l i t i q u e s  de l’UE

3. Nouveau cadre juridique pour l’aide à l’Asie et à l'Amérique latine

En novembre 2003, le Parlement Européen a voté des amendements à la proposition de la Commission pour réviser le règlement régissant laide à lAsie et à lAmérique latine (ALA). Les amendements approuvés en première lecture du procédé de co-décision [1] comprennent plusieurs demandes de FERN telles que les dépenses d'environnement (10%), l'intégration des questions environnementales dans les programmes nationaux ainsi que les activités liées aux ressources naturelles spécifiques et à la pauvreté.

Les parlementaires ont également voté un amendement en faveur dune division par région du règlement: lun pour l'Asie, lautre pour l'Amérique latine, apportant une reconnaissance politique aux différentes caractéristiques des régions. Alors que l'éradication de la pauvreté est maintenant le premier objectif du règlement, la forte influence des parlementaires espagnols et portugais a mené à la réduction d'aide de la CE en Asie (de 247 millions d'Euro) au bénéfice de l'Amérique latine. La position est difficile à défendre étant donné que les seuil de pauvreté sont plus bas en Asie, et le montant per capita de l'aide annuelle de lUE en faveur de l'Amérique latine sera trois fois plus important que celui de l'Asie.

Il semble que la Commission et le Conseil soient tous deux insatisfaits de cette division du règlement, des changements budgétaires et des nombreuses modifications. Bien qu'une prise de position du Conseil soit prévue en septembre 2004, une rumeur court selon laquelle la Commission utiliserait son droit légal de retirer le règlement. Cela signifierait-il de recommencer le processus à zéro ?

 [1] Selon cette procédure, la législation doit être considérée à la fois par le Parlement Européen  - la seule institution européenne élue démocratiquement – et le Conseil, le pouvoir législatif de l’Union.

LIENS
Nouveau règlement ALA propose (Juillet 2002): http://www.europarl.eu.int/meetdocs/committees/afet/20030324/COM(02)0340fr.pdf
Règlement ALA actuel (Février 1992):  http://europa.eu.int/eur-lex/fr/lif/reg/fr_register_11702030.html
Déclaration conjointe des ONG (Février 2003): http://www.fern.org/pubs/ngostats/ala.pdf

4. Perspectives financières et avenir de la ligne  budgétaire thématique de l’Union Européenne

En février dernier, la Commission européenne a adopté une communication décrivant ses propositions pour le plan budgétaire de l'Union pour la période 2007-2013 (Les perspectives financières). Les perspectives financières définissent les attributions maximales des fonds européens aux catégories principales (voir ci-dessous), incluant l'aide et la coopération au développement.

La finalisation des perspectives financières implique les étapes suivantes : le Parlement européen et le Conseil doivent convenir sur les directives proposées avant la fin 2004. Début 2005, la Commission développera une seconde communication plus détaillée, qui précisera les montants alloués à chacune des catégories énumérées dans les perspectives financières. On s'attend à ce que des Etats membres de l'UE concluent un accord politique en juin 2005. Une fois les attributions maximales définies, toute augmentation des besoins de coopération au développement devra passer par une réduction dans d'autres domaines dactions extérieures.

Le développement durable, la conservation de ressources naturelles et la politique extérieure de lUE sont trois des cinq priorités à long terme de financement de lUE citées dans la proposition (les autres étant: la citoyenneté, la liberté, sécurité et justice et ladministration). Pour accomplir ces priorités, la Commission demande à maintenir le plafond actuel de la contribution des états membres à 1.24% du produit national brut (PNB). En réalité, les Etats membres sont peu intéressés à augmenter significativement le budget européen, et particulièrement les plus grands contributeurs de l'Union - Autriche, France, Allemagne, Hollande, Suède et Royaume-Uni qui ont réclamé en décembre 2003 une réduction de leur contribution maximale à 1% du PNB de l'Europe.

La discussion, qui promet de provoquer une lutte dinfluence entre certains des Etats membres et la Commission, est de grande importance car elle définira où et comment l'argent sera dépensé.

Parallèlement, la Commission présentera un projet de règlement, en juillet 2004, sur la coopération et le développement économique. Ce règlement, qui est supposé améliorer la gestion de l'aide de la CE, remplacerait toutes les lignes budgétaires thématiques et géographiques qui sont actuellement administrées par la Commission, y compris celles liées à l'environnement et la forêt tropicale, au co-financement des ONG et aux droits de l'homme.

FERN accueille favorablement la discussion sur la rationalisation des lignes budgétaires, pour autant quelle améliore l'efficacité de leur impact. Cependant, lon craint que la Commission en profite pour laisser tomber tout ou partie des lignes budgétaires, ce qui aurait pour conséquence de réduire le financement destiné à lenvironnement, aux droits de lhomme et aux projets en faveur de la forêt tropicale. La Plateforme ForêtsCommunauté européenne suivra de près ces développements, en mettant laccent sur le besoin de transparence et de concordance parmi les différentes politiques européennes (environnement, développement, relations extérieures, etc..) et gardera un oeil critique sur les propositions de restructuration des différents instruments (lignes budgétaires thématiques et géographiques) et les forces qui les soutendent afin de rendre plus efficace l'aide de lUnion Européenne.

LIENS
Perspectives financières: http://europa.eu.int/scadplus/leg/fr/lvb/l34012.htm
Communication de la Commission ‘Construire notre avenir commun. Défis politiques et moyens budgétaires de l’Union élargie 2007-2013’ (Février 2004): http://www.eurosfaire.prd.fr/bibliotheque/pdf/COM_2004_101_fr_budget.pdf
CONCORD ’s
Information and Lobbying Toolkit on Financial Perspectives (Mars 2004): http://www.concordeurope.org/

5. Aucun examen parlementaire minutieux pour la coopération de l'EU ACP dans les 10 prochaines années ?

En octobre 2003, la Commission européenne a présenté une communication proposant une pleine intégration de la coopération avec des pays ACP (Afrique, des Caraïbes et Pacifique) dans le budget de l'UE. Depuis 1973, plusieurs tentatives ont été faites de soumettre à l'examen parlementaire le placement des fonds destinés aux pays ACP. A chaque fois, quelques Etats membres s’y sont opposés.

Le Fonds européen de développement (FED) est, depuis 1958, le principal instrument de financement de la coopération au développement de la CE avec les ACP. Aujourd'hui, le FED est financé par les Etats membres, possède ses propres règles financières et est contrôlé par un comité spécifique. La budgétisation du FED signifie que le FED entrerait dans le budget annuel de la Communauté et ferait partie des nouvelles perspectives financières 2007-2013 (voir ci-dessus). En tant qu'élément des perspectives financières, la budgétisation du FED n’aura pas lieu avant 2007, et si aucun accord n'est conclu pour inclure le FED dans les perspectives financières d'ici 2005, il restera en dehors du contrôle parlementaire jusqu'en 2014 au plus tôt, date du commencement de la nouvelle période financière.

La Commission espère que les changements seront faits avant que la nouvelle période de budget de l'UE ne commence en 2007, mais l’on s'attend à l'opposition du R-U et des nouveaux Etats membres, qui sont exempts de contribution au FED mais pas au budget de l'UE.

Les conséquences de l'inclusion du FED dans les perspectives financières sur la gestion de l'aide aux pays ACP sont encore peu claires. De nombreuses ONG, qui sont en principe d’accord sur le besoin d’intervention parlementaire sur le FED, craignent que cette proposition ne se solde par une réduction de l'aide aux pays les plus pauvres. Ceci serait la conséquence de la possibilité, selon de nouvelles règles budgétaires, de faire passer vers d'autres secteurs l'aide non allouée. Actuellement, on estime que 7-9 milliards d'Euro d'aide aux pays ACP – plus de la moitié des fonds actuels -, est non dépensée. Selon des priorités politiques cette somme pourrait être dépensée en dehors des pays ACP ou dans des secteurs non prioritaires, ce qui pourrait empirer la situation des populations tributaires des forêts, des forêts elles-mêmes et de l'environnement en général, qui souffrent déjà du manque de intérêt environnemental des politiques de la Commission (voir rapport de FERN ‘Forest at the Edge sur : www.fern.org).

Indépendamment des inquiétudes soulèvées par la proposition actuelle de budgétisation du FED, la question fondamentale qui se pose est la suivante: Est-il possible que l'UE ait une politique de développement crédible si la majeure partie du financement de l’Aide reste en dehors de l’examen parlementaire?

LIENS
Communication de la Commission ‘Vers une pleine integration de la coopération avec les pays ACP dans le budget de l’UE’ (Octobre 2003):

http://europa.eu.int/smartapi/cgi/sga_doc?smartapi!celexplus!prod!DocNumber&type_doc=COMfinal&an_doc=2003&nu_doc=0590&lg=FR

6. Consultation publique sur les directives du Groupe de Travail de l’UE

En mars 2004, la Commission européenne a organisé une consultation publique sur son projet de Directives pour le soutien et la conception des politiques et réformes foncières dans les pays en voie de développement. Les directives visent à établir un cadre commun à l'UE pour soutenir la conception des processus de réforme politique dans les pays en voie de développement, par les programmes de coopération bilatéraux entre la Commission européenne et les Etats membres. Les commentaires obtenus par la consultation seront pris en compte dans la version finale des directives du groupe de travail de l’UE, qui sont attendues avant le mois d’août 2004.

LIENS
Rapport de Land Coalition disponible sur: http://webapps.ifad.org/euforum/forum/updates/final_report_submitted_to_eu_task_force_on_land_tenure
Texte complet de l’ébauche finale sur :http://www.landcoalition.org/pdf/eucongf.pdf

 

N o u v e l l e s  d u  Monde

7. RDC: Les populations tributaires des forêts perdent leurs droits

En février 2004, plus de 100 groupes défendant l'environnement, le développement et les droits de l'homme en République démocratique du Congo (DRC) ont invité la Banque Mondiale à stopper ses projets de financement d’une expansion massive de l'industrie d’abattage de bois dans le pays. Ces projets réduiraient apparemment toute la forêt tropicale congolaise, deuxième après le bassin amazonien pour sa superficie et sa diversité, à un champ d’abattage commercial et autres activités connexes.

Des documents non publiés de la Banque Mondiale révèlent que la Banque vise à créer un climat favorable pour labattage industriel en République Démocratique du Congo et envisage une augmentation 60 fois plus importante de la production nationale de bois. Les groupes Congolais prévoient des répercussions majeures sur les droits et l’habitat de millions de citoyens congolais, et un impact important et irréversible sur la forêt.

Les inquiétudes des ONG congolaises n’ont pas été prises en compte « dans un processus qui décide, en ce moment même et sans notre contribution, du destin de l’héritage écologique de notre pays et du futur de son peuple.". Cette vente des droits d’abattage aux industriels sans consultation des populations locales, et sans disposition pour assurer leur futur, menace des millions de personnes qui ont la forêt pour seule richesse.

Les ONG invitent maintenant la Banque Mondiale à appliquer ses propres principes sur la participation, ses propres règles environnementales et sociales et le droit international, pour assurer la protection des droits des forêts et des populations qui en dépendent.

LIENS
NGO statement: http://www.fern.org/pubs/ngostats/DRC_appeal.htm
Rainforest Foundation Briefing Paper: http://www.fern.org/pubs/briefs/DRC_RF.pdf

8. Les bâtiments de la CE sont un ‘lieu du crime forestier’

En mai 2004, Greenpeace a taxé le siège de la Commission européenne à Bruxelles de ‘lieu du crime forestier’ après qu’une enquête ait prouvé que le bois utilisé dans leur rénovation provenait de sociétés dont on sait pertinemment qu'elles achètent du bois de construction provenant des forêts indonésiennes menacées.

La Commission a déclaré que "le bois utilisé dans la rénovation des bâtiments que possèdent la Commission doit provenir de sources renouvelables et écologiquement responsables. Malgré cela, du bois abattu illégalement a été utilisé dans le bâtiment Berlaymont. Aucun engagement semblable, pour des projets tels que le bâtiment de Comité économique et social (ECOSOC), n'a été encore fait.

Les produits forestiers dans le bâtiment d'ECOSOC comprennent le bois des compagnies RSK, IKMM et Mujur, toutes faisant commerce de bois provenant des dernières forêts anciennes de  Kalimantan et de Sumatra. Il comprend également du bois de construction de AFR, une compagnie connue pour s’être approvisionnée en bois provenant d'une réserve de tigres en Indonésie. Le contre-plaqué dans le bâtiment Berlaymont a été identifié comme provenant de AFR, Korindo et Mujur. Le gouvernement indonésien accuse Korindo de faire commerce de bois illégal.

Il reste maintenant à espérer que les Ministres de lEnvironnement de lUnion sattaqueront à ce dossier.

LIENS
Details de l’action disponibles sur: http://www.greenpeace.org/belgium_fr/press/release?item_id=473933&campaign_id=
Pour une revue de presse complète, voir:
http://eu.greenpeace.org/downloads/forests/PressBriefingOnEUBuildingProjectForestCrime-Eng.pdf

9. Les ONGs s’opposent à la construction d’une nouvelle usine de pâte en Indonésie

Le 2 juin 2004, plus de 30 ONGs européennes et indonésiennes ont fait circuler une lettre ouverte "Pas de soutien pour lusine de pâte à papier prévue par United Fiber System en Indonésie ". La lettre réclame de retirer le projet de la compagnie United Fiber System de construire une usine de pâte à papier dans le Sud Kalimantan.

United Fiber System Ltd (UFS) prétend que lusine prévue évitera les problèmes de déboisement en employant le bois des plantations établies dans les secteurs voisins. Cependant, de toute évidence, les plantations que possèdent la compagnie ne suffisent pas à alimenter cette usine. La nouvelle usine ne ferait quempirer la surcapacité existante de l'énorme industrie de pâte à papier indonésienne, et aggraverait des problèmes nationaux et locaux qui y sont liés. Les inquiétudes concernant les conséquences environnementales et sociales de ce projet sont dautant plus grandes que le rapport Environmental Impacts Assessment na pas encore été rendu public.

Tandis que l’ajout d’un autre projet d’usine augmentera sans aucun doute le déboisement causé par une industrie de pâte à papier déjà insoutenable en Kalimantan du sud, l'industrie a un autre problème: des compagnies d’abattage et de pâte à papier en Indonésie sont également rongées par la corruption. De nombreux cas d’abattage illégal dans les forêts gérées par l’Etat ont été démasqués, alors que les conflits abondent au sujet des droits de terre et d’abattage illégal de la forêt. 

Avant que les plans ne progressent pour construire une usine supplémentaire, il faut assurer un approvisionnement soutenable de bois pour lalimenter. Sans une telle garantie, les conflits avec les populations locales concernant les terres et la destruction des forêts ne feront que saccroitre. En effet, plutôt que les développer les conflits existants, il faut les résoudre et les projets de nouvelles usines doivent passer par la pleine information et le consentement des communautés locales. Et tant que ce projet naura pas de garantie de durabilité, l'industrie forestière finlandaise, les producteurs de machines, les consultants en matière de forêt et les financers devront s'abstenir dy participer.

LIENS
La letter ouverte des ONG est disponible sur: http://www.fern.org/pubs/ngostats/UFS%20letter%20Jun04.pdf
United Fiber System:
www.ufs.com.sg

10. Examen de mi-parcours du Document de Stratégie par pays (CSP) pour l’Indonésie

Le Programme Indicatif National (PIN) 2005-2006 pour l'Indonésie, adopté par la Commission européenne en avril 2004, a été développée sur la base de l'examen de mi-parcours du document de stratégie 2002-2006 par pays (CSP) qui a eu lieu en 2003.

Bien que " La conservation et la gestion durable des ressources naturelles" soit l'une des deux priorités d'aide dans le CSP indonésien, elle nest pas prise en compte dans le PIN pour 2005-2006. La raison de la Commission est la suivante: 100 millions d'Euro ont été dépensés dans le secteur ressources naturelles/forêt depuis 1996 et il y aura plusieurs programmes en cours en 2005-2006 financés par le PIN 2002-2004. De plus, et en raison de la situation en Indonésie où l'application dans le secteur forestier est faible, la Commission prévoit la nécessité d'évaluer l'impact des projets déjà entrepris et de proposer un changement de l'approche actuelle.

Une évaluation dans les mois à venir des dépenses et des projets réalisés aidera à définir la nouvelle approche de la Commission pour la conservation et la gestion durable des ressources naturelles en Indonésie. La Commission pourrait décider de limiter les activités qui y sont liées au processus de FLEGT (voir Les Echos n°2). Si c'est le cas, il sera essentiel d'éviter de concentrer ces activités de FLEGT uniquement sur le secteur forestier et de s'assurer que des droits de terre et les causes fondamentales de labattage illégal sont également pris en compte. Sans une approche globale, les nouvelles initiatives de la Commission ne feront que renforcer des lois injustes tout en faisant peu pour juguler la crise des forêts en Indonésie.

La Plateformes ForêtsCommunauté européenne en Indonésie surveille activement la mission de révision de la Commission européenne et les projets en cours concernant les forêts. Les discussions sur le prochain CSP 2007-2011 commenceront début 2005 et le document devra être prêt début 2006.

LIENS
Le PIN sera bientôt rendu public sur le site de la Commission: http://europa.eu.int/comm/external_relations/indonesia/intro/index.htm

Informations  u t i l e s

11. Démêler l’écheveau européen : nouvelles publications et documents

A Practical Guide to Campaigning at the EU Level : the EU's impact on forests. FERN, TRN (Juin 2004). Un outil indispensable pour quiconque tentant dinfluencer lUE sur les questions des forêts, le Guide fournit une vue densemble de lUE, ses institutions, détaille la manière dont fonctionnent l'UE, les astuces pour influencer les prises de décision et indique comment obtenir les informations cruciales. Disponible sur: info@fern.org pour commander le Guide ou sur http://www.fern.org/pubs/reports/EU-guide.pdf

LAccord de Cotonou: Manuel à l'usage des Acteurs Non Étatiques. ECDPM (Nov. 2003). Produit par le Centre Européen de Gestion des Politique de Développement et le secrétariat ACP, ce guide informe les ONG sur les aspects les plus importants de l'Accord de Cotonou et évalue le processus de consultation entrepris avec les acteurs non-étatiques des six régions ACP et la Commission européenne. Disponible sur : http://www.ecdpm.org/nsaguide

Implementors or Actors? Reviewing civil society's role in European Community development assistance in Kenya, Senegal, Bolivia and India. BOND (2004). Cette analyse se concentre sur le degré et la qualité de la participation civile de société à lélaboration des Documents de Stratégies par pays (CSPs) dans quatre pays. Les CSPs déterminent comment l'aide de la CE est allouée dans le pays bénéficiaire. Disponible sur http://www.bond.org.uk/pubs/eu/impactor.pdf

12. Qu’est-ce que la EC Forest Platform ?

En juillet 2002, FERN a lancé la Plateforme ForêtsCommunauté européenne (CE). L'objectif de cette plateforme est de veiller à ce que la coopération au développement de la CE (10 % de l'aide publique mondiale au développement) ait un impact positif pour les forêts et les populations des forêts. Ses principaux objectifs sont:

·         offrir un canal de communication aux ONG et aux populations des forêts qui souhaitent faire entendre leur voix auprès de la Communauté européenne;

·         débattre de l'impact des projets et politiques communautaires d'aide sur les forêts et les populations des forêts;

·         fournir aux décideurs de la CE des informations du terrain sur les forêts et les populations des forêts;

·         promouvoir le renforcement de la coopération et du dialogue entre les ONG de la CE et du Sud, les organisations des communautés locales et les organisations des populations autochtones.

Les activités de la Plateforme doivent contribuer à améliorer la mise en œuvre des engagements pris par la Commission européenne en matière de coopération au développement, d'intégration de la question environnementale et de reconnaissance de la société civile comme un partenaire actif. Les échanges entre les ONG environnementales européennes et les ONG du Sud doivent faciliter la sensibilisation des premières aux problèmes de développement des populations du Sud.

Pour plus d’informations ou pour coopérer à la Plateforme Forêts–Communauté européenne, visitez notre site Internet www.fern.org/pages/aid/platform.htm ou envoyez un courrier électronique à la coordinatrice de la plateforme, Iola Leal Riesco, iola@fern.org