Echos de la P l a t e f o r me

N° 4
Octobre 2004 Trimestriel de la Plateforme Forêts–Communauté européenne
La Plateforme Forêts–Communauté eur  opéenne est une initiative de FERN visant à assurer un lien entre les populations du Sud et la Communauté européenne dans le domaine de l'aide et des forêts.



Chers membres de la Plateforme,

Le dernier trimestre 2004 promet d'être intense quant aux questions relatives à l'aide et aux forêts. L’un des principaux sujets que la Plateforme Forêts–Communauté européenne  suivra à Bruxelles est la discussion en cours sur le financement de l'UE au développement en 2007-2013 - une question qui se complique avec l'adoption de la Commission d'une proposition pour reformer les fonds à l'aide extérieure. Sans aucune modification, le règlement, qui affecterait tout le financement européen pour les actions extérieures (y compris le financement à l’environnement, aux droits de l'homme et aux projets de forêts), pourrait entrer en conflit avec les attributions affectées aux secteurs thématiques ou géographiques.

Un autre point sera les discussions, au niveau de l'UE, sur la façon de luter contre les coupes illégales, avec une décision à prendre dans les 12 mois à venir sur la proposition de ‘règlement du Conseil concernant la mise en place d'un régime d'autorisation volontaire relatif aux importations de bois dans la Communauté européenne ' devant être prise. L'impact du règlement dépendra des détails des accords de partenariat qui seront négociés par la Commission avec les pays partenaires (incluant l'Indonésie). Il est important de s'assurer que les actions de l'UE pour combattre les coupes illégales ne légitiment pas injustement les législations des pays producteurs qui ignorent les droits des peuples autochtones et permettent les coupes destructives.

Les Plateformes nationales Forêts–Communauté européenne  au Cameroun et en Indonésie continueront à surveiller des politiques et des projets de la CE sur les questions relatives à l'aide et aux forêts dans leurs pays respectifs. En octobre, un groupe de militants d’ONG indonésiennes  présentera ses conclusions sur le processus FLEGT aux ONG, à l'industrie et aux hommes politiques en Belgique, Finlande, Suède, Hollande et au Portugal. La Plateforme Forêts–Communauté européenne finira l'année en établissant de futures priorités et en soumettent nos sujets d’inquiétude au gouvernement et délégation de la CE au Cameroun, où la Réunion de Stratégie de la Plateforme sera tenue au début décembre.

Nous accueillons avec plaisir les commentaires ou idées pour améliorer ce bulletin. N'hésitez pas à me communiquer toute information que vous voudriez faire savoir à d'autres membres ou vos réactions aux nouvelles communiquées ici. Ces échanges d’idées et d'informations permettront aux membres de la plateforme d'influencer l'Union Européenne et la manière dont son programme d’Aide affecte les forêts et leurs populations dans le monde.

N’hésitez pas à diffuser Les Echos de la Plateforme aux amis et aux collègues intéressés. Nous espérons que vous tirerez profit de cette occasion de faire des Echos de la Plateforme un forum ouvert à la discussion et à l'échange d'information sur la CE et les questions des forêts.

Iola Leal Riesco
Coordinatrice de la Plateforme Forêts–Communauté européenne
iola@fern.org
www.fern.org/pages/aid/platform.htm

 

Sommaire

Editorial

Les Debats de la P l a te f o r me
1.
Revue a mi-parcours de l’Accord de Cotonou : La Participation de la société civile Camerounaise en question
2. Dialogue des ONG avec la délégation de la CE en Indonésie
3. Plan d’action de l’UE sur les coupes illégales

Nouvelles politiques de l’UE
4. Pas de fonds pour les forêts sous les nouveaux instruments de Politique Extérieure de la CE
5. Documents de Stratégie par Pays : 2ème Round
6. Les Accords Economiques de Partenariat

N o u v e l l e s  du Monde
7. Les règlements européens menacent les ‘Standards légaux’ en Indonésie
8. Le nouveau processus ENA-FLEGT : préparons-nous à participer
9. Coopération au Développement avec les Philippines : revue de l’Intégration Environnementale

Informations  u t i l e s
11. Comprendre la complexité de l’UE: nouveaux briefings et publications
12. Qu’est-ce que la Plateforme Forêts–Communauté européenne ?

 

Les Debats  d e  l a  P l a te f o r me

1. Revue a mi-parcours de l’Accord de Cotonou : La Participation de la société civile Camerounaise en question

Par Emmanuel KAM, représentant local de la Plateforme Forêts-Communauté européenne au Cameroun

L’Accord de Cotonou signé en juin 2000 jette les bases juridiques de la coopération entre l’Union européenne et les Etats du Groupe ACP jusqu’en 2020. Cet Accord est non seulement un cadre idéal pour le dialogue nord-sud en général, mais aussi un forum de concertation et d’interaction entre la société civile européenne et la société civile de chaque Etat ACP. C’est donc à juste titre que les dispositions de cet Accord préconisent, en des termes divers, la participation de la société civile au processus de sa mise en œuvre.

Le Cameroun est membre du Groupe ACP et la société civile camerounaise s’active depuis le début de cette année pour participer à la revue à mi-parcours de l’Accord de Cotonou. Un groupe d’ONG de développement et de protection de l’environnement réunies dans le cadre du projet Plateforme Forêts-Communauté européenne au Cameroun se concerte régulièrement pour adopter une stratégie qui leur permettrait de participer efficacement à la revue à mi-parcours de l’Accord de Cotonou au Cameroun. Les rencontres tenues au cours de ce mois de septembre ont eu pour objet d’analyser le rapport provisoire sur l’étude des acteurs non étatiques au Cameroun. Cette étude avait été préparée sur la demande et avec le financement de la Commission européenne. L’analyse faite par ce groupe d’ONGs visait à présenter les suggestions et les commentaires des acteurs non étatiques au Ministre camerounais des affaires économiques, de la programmation et de l’aménagement du territoire (MINEPAT) qui est l’ordonnateur national du Fonds européen de développement (FED) et à ce titre, le principal acteur du gouvernement camerounais dans la mise en œuvre de l’Accord de Cotonou.

Le ministère des affaires économiques tourne en rond au sujet de l’organisation de la consultation de la société civile dans le cadre de la revue à mi-parcours. Au mois de juin dernier, un site Internet était créé pour faciliter le dialogue entre l’ordonnateur national du FED et la société civile. Ce site n’est plus fonctionnel à ce jour. En outre les diverses questions adressées par la société civile à l’ordonnateur national sont restées sans suite. On attend toujours les réponses de l’ordonnateur national. Tout semble indiquer que les responsables actuels du ministère des affaires économiques ne sont pas disposer à laisser la société civile participer activement à la revue à mi-parcours. Le comportement du chef de la cellule de coordination de la coopération Cameroun-Union européenne, qui refuse systématiquement de recevoir des représentants d’ONG le témoigne clairement.

La tendance observée au Ministère des affaires économiques visant à ne pas favoriser la participation de la société civile à la revue à mi-parcours peut s’expliquer par deux raisons: D’abord la coopération Cameroun–Union européenne est restée pendant des années concentrée sur l’Etat et il est difficile aux acteurs étatiques de cette coopération d’intégrer pleinement les acteurs non étatiques ;

Ensuite il pourrait avoir un énorme fossé entre les projets prévus dans le programme indicatif national et les réalisations sur le terrain. Le Cameroun n’aurait même pas encore commencé à utiliser les financements du 9ème FED ; ceci pourrait donc expliquer le fait qu’il n’y ait pas de revue à mi-parcours à proprement parler au Cameroun.

Eu égard à l’actualité camerounaise du moment qui tourne uniquement autour de l’élection présidentielle du 11 octobre 2004, il est à espérer que l’après élection permettra à tout le monde de revenir à ses activités normales et les responsables du MINEPAT pourront être plus clairs quant à la participation de la société civile à la revue à mi-parcours de l’Accord de Cotonou au Cameroun.

Pour obtenir des informations ou des documents sur notre plateforme nationale au Cameroun, ou pour faire partie de la Platforme, veuillez contacter Emmanuel KAM,notre représentant local, (ekamyogo@africa-environment.org), CED - Centre pour l’Environnement et le Développement, Cameroun.

2. Dialogue des ONG avec la délégation de la CE en Indonésie

Par Mardi Minangsari, représentante locale de la plateforme-forêts en Indonésie

Plateforme Forêts-Communauté européenne en Indonésie  a organisé un atelier de deux jours les 21 et 22 juin 2004 pour discuter des questions de l’aide européenne au développement en Indonésie, spécifiquement dans le secteur des forêts. Un total de 35 intervenants ont participé à l’atelier, y compris les représentants du gouvernement indonésien, les délégations de la CE, les exécuteurs de projet de la CE et les groupes de la société civiles (ONG) qui ont l'expérience des projets de la CE relatifs aux forêts. Dans la discussion qui a suivi les présentations de chacun des participants, les groupes de la société civile (ONG) ont présenté les principaux problèmes liés à l'aide au développement de la CE en Indonésie, en insistant sur le manque de transparence, de participation, de responsabilité et de synergie ainsi que les problèmes de choix des priorités.

En conclusion de cette conférence, les ONG indonésiennes ont développé un rapport commun exprimant leurs inquiétudes concernant l'aide de la CE au développement dans le secteur des forêts, en terme de planification et d’exécution. Parmi les demandes immédiates, on compte sur la rédaction d’audits annuels accessibles au public pour les projets de sylviculture de la CE et l’assurance que les mécanismes publics de participation au développement du prochain document de stratégie par pays (CSP) (2007-2011) soient en place d'ici 2006. Cette dernière est cruciale pour améliorer la participation de la société civile dans les CSP et dans la définition des programmes indicatifs nationaux (NIP) mais aussi dans la surveillance et l'évaluation des projets. Ce rapport commun publié en août 2004 a été envoyé à la délégation de la CE à Jakarta, à la CE à Bruxelles, au gouvernement indonésien et aux principales institutions concernées.

Lors d'une réunion de suivi avec la délégation de la CE à la fin août, la délégation nous a promis de répondre aux demandes du rapport commun et nous a invité à d'autres réunions concernant ces questions. Cependant, jusqu'ici, ces discussions n'ont pas eu lieu. De plus, lors d’une réunion des ONG indonésiennes avec la mission de revue des projets-forêt de la CE afin d’exposer leurs inquiétudes concernant l'exécution des projets en Indonésie, la mission a refusé de nous remettre un rapport de leurs conclusions, prétextant que leur rapport serait un document interne à la CE. Les ONG indonésiennes continueront ce dialogue avec la délégation de la CE et ses homologues en Indonésie pour poursuivre nos demandes et pour assurer une plus grande transparence de ces procédures.

Pour des informations sur nos activités et documents nationaux de plateforme en Indonésie, ou pour joindre activement la plateforme, veuillez contacter Mardi Minangsari, notre représentant locale (mardi_minangsari@telapak.org), Telapak, Indonésie.

LIENS
Déclaration conjointe des ONG concernant l’Aide au Développement de la CE pour l’Indonésie (Août 2004): http://www.fern.org/pubs/ngostats/Indonesia%20EC%20devt%20aid%2018.08.04%20Eng.pdf

3. Plan d’action de l’UE sur les coupes illégales

Les discussions en cours dans l’Union Européenne sur la lutte contre les coupes illégales vont s’intensifier dans les mois à venir, car une décision est à prendre dans les 12 mois sur la proposition de règlement du Conseil concernant la mise en place d'un régime d'autorisation volontaire FLEGT relatif aux importations de bois dans la Communauté européenne. Cette proposition est une étape vers l'exécution du plan d'action de l'UE sur l'application des règlementations forestières, gouvernance et échanges commerciaux (FLEGT), présentés par la Commission européenne en mai 2003.

Parmi les autres mesures en cours de négociation, on peut compter  des Accords de Partenariat Volontaires avec les pays producteurs de bois afin d'empêcher le bois produit illégalement d’accéder au marché européen, et une recherche légale dans les législations futures pour soutenir les objectifs du plan d'action – et notamment pour se donner les moyens légaux de contrôler les importations dans l'UE de bois illégalement récolté.

La proposition de règlement concernant la mise en place d'un régime d'autorisation volontaire (licences), qui a été présenté à la session constitutive du Parlement le 20 juillet 2004 et au groupe de travail du Conseil en septembre, a pour but de contrôler l’importation dans l'UE de bois d’origine illégale provenant des pays partenaires. FERN, Greenpeace et WWF, tout en soutenant le processus, ont reproché à la proposition de ne pas insister suffisamment sur la vérification indépendante de la légalité (ou sur la surveillance indépendante du régime); et de ne pas inclure de précautions suffisantes pour empêcher le règlement de renforcer la législation préjudiciable dans des pays producteurs (voir les « commentaires sur la proposition de règlement du Conseil », lien ci-dessous).

La proposition de règlement s’appuie sur l’hypothèse que « les législations nationales concernées » – un terme que la proposition ne définit pas - sont adéquates et suffisantes pour empêcher les déséquilibres environnementaux et sociaux. Dans la pratique, ce n'est souvent pas le cas. Les lois existantes peuvent être injustes ou contradictoires, ou encore ne protègent pas suffisamment l’environnement ou les droits du peuple autochtone. Un règlement basé sur de telles « législations nationales concernées » risque ainsi de légitimer des pratiques de coupes destructives et des lois injustes.

Les ONG ont également critiqué la lenteur des procédures de recherche et de développement de mesures légales efficaces pour contrôler les importations de bois illégal - comme exigé par le Parlement, le Conseil, les ONG et la fédération hollandaise du commerce de bois (voir les Echos de la Plateforme no 3). FERN effectue actuellement une étude légale pour voir si une telle législation serait possible et quoi qu'elle ressemblerait. Une première proposition sera présentée vers la fin d'octobre.

Finalement, l'impact du régime de licences dépendra des accords détaillés proposés dans les Accords de Partenariat qui seront négociés par la Commission avec les pays partenaires. Un grand nombre d'ONG au nord comme au sud ont fait remarquer qu'afin d'être efficaces et légitimes, ces Accords de Partenariat doivent:

·               Mettre en place des procédures qui permettent une plus grande participation des organisations de la société civile et qui soient en faveur de la sylviculture des communautés locales ;

·               Viser à créer une responsabilité publique et une transparence dans la gestion des ressources naturelles ;

·               Se baser sur une évaluation appropriée de la forêt nationale et des lois relatives à chaque pays partenaire (y compris les lois environnementales, celles relatives aux droits de l'homme, aux terres etc).

 

 

LIENS
EU FLEGT Action Plan:
Le Plan d’action (Mai 2003): http://europa.eu.int/eur-lex/fr/com/cnc/2003/com2003_0251fr01.pdf
Analyse de FERN du Plan d’action et recommandations au Conseil (Juillet 2003): http://www.fern.org/pubs/briefs/illegallog2.pdf et http://www.fern.org/pubs/ngostats/AP_reccs.htm
Conclusions du Conseil (Octobre 2003): http://europa.eu.int/eur-lex/pri/fr/oj/dat/2003/c_268/c_26820031107fr00010002.pdf
Publications de la Commission sur le Plan d’Action FLEGT. (Avril 2004):
http://europa.eu.int/comm/development/body/theme/forest/initiative/briefing_sheets_en.htm
Proposition de règlement du Conseil concernant la mise en place d'un régime d'autorisation volontaire FLEGT relatif aux importations de bois dans la Communauté européenne http://europa.eu.int/eur-lex/pri/fr/lip/latest/doc/2004/com2004_0515fr01.doc
Commentaires de FERN, Greenpeace et WWF sur la proposition de règlement du Conseil concernant la mise en place d'un régime d'autorisation volontaire FLEGT relatif aux importations de bois dans la Communauté européenne: http://www.fern.org/

Positions des ONG:
Facing Reality: how to halt the import of illegal timber in the EU. FERN, WWF et Greenpeace (Avril 2004): http://www.fern.org/pubs/reports/facing_reality.pdf


N o u v e l l e s  p o l i t i q u e s  de l’UE

 

4. Pas de fonds pour les forêts sous les nouveaux instruments de Politique Extérieure de la CE

Le 29 septembre 2004, la Commission européenne a finalement adopté sa proposition pour de nouveaux fonds simplifiés pour l'aide extérieure. Dans une longue progression vers la rationalisation de l'aide au développement de la CE, le projet de règlement envisage de remplacer tous les règlements thématiques/sectoriels et géographiques régissant le financement externe de la politique de l'UE. Ceci comprend les règlements qui établissent la base juridique des fonds à l'environnement et aux forêts tropicales, aux ONG et aux droits de l’homme (1).

La Commission et les groupes de la société civile reconnaissent la nature fortement bureaucratique et contradictoire de la politique de développement existante de la CE et reconnaissent la nécessité de progresser dans la discussion sur la manière de simplifier et d’améliorer l'efficacité des programmes de secours de la CE. Néanmoins, il est essentiel que tous les changements apportent également une plus grande clarté et transparence au processus. Cependant, contrairement à cette condition de base, le projet de règlement actuel permettrait à la Commission de déplacer des ressources destinées à un secteur géographique ou thématique spécifique (tel que l'environnement ou les forêts) vers d'autres secteurs, sans aucune obligation de consulter la société civile ou le Parlement. Ceci diminue le pouvoir actuel du Parlement européen - le seul corps publiquement élu dans l'UE - et réduit de manière significative sa participation à la définition de la coopération au développement de l'UE.

Le nouveau cadre pour des programmes d'aide et de coopération de la CE est réduit à six fonds seulement. Deux fonds existants, l’aide humanitaire et l’aide macrofinancière, seront maintenus. Les quatre nouveaux fonds sont:

§         La pré adhésion - couvre les pays candidats (la Turquie et la Croatie) et les pays candidats potentiels (Balkans occidentaux). Elle remplace, entre d’autres, les instruments existants: le PHARE (initialement Aide pour la Restructuration Economique en faveur de la Pologne et de la Hongrie - plus tard étendue à la Bulgarie, la République Tchèque, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie), l'ISPA (Instrument de Politique Structurelle pour la pré adhésion), le SAPARD (Programme Spécial d'Accession à l'Agriculture et au Développement Rural) et les CARTES (Aide de la Communauté pour la Reconstruction, le Développement et la Stabilité aux Balkans) ;

§         Voisinage et Partenariat Européen  - couvre les pays impliqués dans la politique des pays voisins de l'UE (pays méditerranéens du sud et de l’est, Ukraine, Moldavie et Biélorussie, et pays du Caucase méridional). Il remplace le MEDA (Aide à la Réforme des Structures Economiques et Sociales dans le cadre du partenariat Europe-Mediterrannée : Maroc, Algérie, Tunisie - Maghreb - ; Egypte, Israël, Jordanie, l'Autorité Palestinienne, Liban, Syrie - Machrak - ; la Turquie, la Chypre et Malte) et une partie de la TACIS (Assistance Technique au Etats Indépendants du Commonwealth: Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Géorgie, Kazakhstan, Kirghizistan, Moldavie, Mongolie, Ouzbékistan, Russie, Tadjikistan, Turkménistan et Ukraine). Cet instrument soutiendra également l'association stratégique de l'UE avec la Russie ;

§         Coopération au développement et coopération économique – couvre les pays tiers non couverts par la Pré adhésion et les instruments européens de Voisinage et Partenariat Européen. Il remplace les règlements Asie et Amérique Latine (ALA), le Fonds européen de développement (le FED) (supposant que la Budgétisation (2) du FED proposée par la Commission soit acceptée - voir les Echos de la Plateforme no 3-), les règlements Forêt Tropicale et Environnement, etc.

§         L'instrument de Stabilité - abordera la crise et l'instabilité dans les pays tiers et traitera des défis transfrontaliers comprenant la sécurité nucléaire et la non-prolifération, le combat contre les trafics, le crime organisé et le terrorisme.

Une nouveauté dans ce processus est le fait que cette réforme de la structure financière et légale de l'aide au développement de la CE est présentée conjointement à la discussion sur le cadre financier de l'UE. En juillet 2004, la Commission européenne a présenté sa deuxième Communication sur le plan budgétaire de l'UE pour la période 2007-2013 (les ‘Perspectives Financières’ ou, comme proposées dans le Traité Constitutionnel de l'UE, ‘le cadre financier pluriannuel’ - voir les Echos de la Plateforme no 3). Cette Communication qui, à l’origine, se concentrait sur des objectifs politiques s’est transformé en un modèle hybride à la fois thématique et géographique basé sur l’étroitesse des relations politiques entre les pays non européens et l’UE. Cette approche a été maintenant traduite en la proposition actuelle, avec un fonds pour les pays adhérents, un pour les pays voisins de l’Union et un fonds pour les pays qui ne font pas partie des deux premiers (voir ci-dessus).

En plus de la nature antidémocratique de la proposition, le nouveau fond qui couvre les pays en voie de développement intègre le Développement et la Coopération économique - ce qui permet de financer des pays à revenus moyens ou supérieurs et/ou des pays développés et qui ne garantit plus que les pays en voie de développement soient le principal objectif (3). La réduction de la pauvreté - le but principal de la politique de développement de la Communauté - concurrencera donc directement le financement des pays développés (y compris les pays de l'OCDE tels que les Etats-Unis ou le Japon). Des objections ont été soulevées selon lesquelles cette proposition entre en contradiction avec le Traité constitutionnel de l'UE (qui considère séparément les domaines de la coopération au développement et de la coopération économique), et les engagements de la Communauté de contribuer aux Objectifs de Développement du Millénaire, qui comprennent l’éradication de la pauvreté et le développement durable.

FERN est prêt à s'engager dans une discussion qui viserait à améliorer l'efficacité de la politique de développement de la Communauté, mais nous nous opposons à tout changement qui réduirait la nature démocratique de l'UE ou la qualité du programme de développement de la CE concernant la protection et l'utilisation durable des forêts et le respect pour les droits des peuples qui en dépendent. La plateforme-forêt de la CE suivra ce processus de près pour s'assurer que le règlement final ne minera pas ces objectifs.


(1) L'aide de la CE est divisée en fonds géographiques et thématiques. Les lignes géographiques principales sont ALA (Asie et Amérique latine), MEDA (pays méditerranéens), et TACIS (Europe de l'Est et Asie centrale). Les fonds thématiques incluent un certain nombre de programmes sectoriels tels que l'environnement et les forêts tropicales, la démocratie et les droits de l'homme, l'aide des ONG et l’aide alimentaire, et la santé.

(2) Aujourd'hui, le FED est financé par les Etats membres. La budgétisation du FED signifie que le FED entrerait dans le budget annuel de la Communauté et ferait partie du nouveau cadre financier pluriannuel (voir le texte).

(3) Le Comité d’Assistance au Développement de l'OCDE distingue l'aide au développement officielle (ODA) et l'aide officielle (OA). L'ODA est aide aux pays à bas revenus et aux pays en voie de développement – co-opération au développement-, alors que l’OA est aide aux pays développés et à revenus moyens ou supérieurs -`Coopération économique-.

LIENS
Perspectives financières:
http://europa.eu.int/scadplus/leg/fr/lvb/l34012.htm
Communication de la Commission ‘Construire notre avenir commun. Défis politiques et moyens budgétaires de l’Union élargie 2007-2013’ (Février 2004): http://www.eurosfaire.prd.fr/bibliotheque/pdf/COM_2004_101_fr_budget.pdf
Document de Travail de la Commission ‘Proposal for renewal of the Interinstitutional Agreement on budgetary discipline and improvement of the budgetary procedure’ (Juillet 2004):
http://europa.eu.int/
Communication de la Commission au Conseil et au Parlement Européen ‘sur les Instruments pour l’Assistance extérieure sous les Futures Perspectives Financières 2007-2013’ (Sept 2004): bientôt disponible sur http://europa.eu.int/
CONCORD ’s Information and Lobbying Toolkit on Financial Perspectives (Mars 2004): http://www.concordeurope.org/
Briefing d’Eurostep No 21‘Towards a Responsible Europe in the World: Briefing on the Draft Regulation on Development Co-operation and Economic Co-operation.
A Blank cheque for the European Commission?’ (Sept 2004) http://www.eurostep.org/docs/200410011659441708.doc

5. Documents de Stratégie par Pays : 2ème Round

Depuis 2001, la programmation de l'aide de la CE s’est portée sur les Documents de Stratégie par Pays/Région (CSP/RSP) qui ont établi le cadre stratégique des priorités de la CE pour la coopération avec un pays ou une région donnée. La Commission européenne préparent maintenant le deuxième ensemble de Documents de Stratégie qui seront discutés en 2005 et 2006. Les CSP/RSP sont développés au niveau de délégation en collaboration avec les gouvernements nationaux, les Etats membres, d'autres donateurs et, dans la mesure du possible, avec les représentants de la société civile (la faisabilité de la participation de la société civile est évaluée et jugée par la Commission). Chaque document est complété par un programme indicatif national (NIP) qui indique des secteurs principaux où les ressources seront dépensées et la quantité approximative de fonds à assigner (pour l'information détaillée sur l'aide de la CE, voir l’article de FERN ‘Introduction à l'aide au développement de la CE').

Les Documents de Stratégie par Pays/Région couvrent l'aide au développement, mais n'incluent pas des activités sous les lignes budgétaires thématiques. Ceci permet le financement de secteurs qui n'ont pas été entièrement considérés sous la Stratégie par Pays mais qui sont couverts par une ligne budgétaire spécifique, par exemple les forêts tropicales. Jusqu'ici, la politique de coopération au développement de la CE a négligé les questions environnementales (voir le rapport de FERN ‘Forests at the Edge’). En raison du manque de volonté, de connaissance ou de capacité politique à intégrer l'environnement dans tous les domaines de coopération au développement, la tendance de la Commission a jusqu'ici dû compter sur les lignes budgétaires thématiques pour aborder les questions d'environnement et de forêt (qui sont désignées à plusieurs reprises dans les CSP comme un mécanisme pour intégrer ces préoccupations). Ceci étant, il reste à clarifier comment le nouvel instrument proposé pour la coopération au développement de la CE (voir ci-dessus), garantira le financement des secteurs thématiques tels que l'environnement, les forêts ou le genre.

Alors que ces changements efficaces vers une vraie intégration des questions environnementales et de forêt sont appréciés, il reste des inquiétudes quant à la façon dont la Commission - qui n'est décidément toujours pas préparée à aborder efficacement les questions environnementales - s'assurera que le financement est disponible pour les forêts et les communautés qui en dépendent et qu’il bénéficie aux populations les plus pauvres.

FERN croit que l’une des raisons du manque de cohérence des politiques de la CE environnement, relations extérieures, développement, etc.) est le fait que la société civile n’est consultée que ‘dans la mesure du possible’. Dans cette nouvelle donne, il faudrait établir des moyens efficaces pour une réelle consultation pendant l'élaboration, l'application et l'évaluation des CSP. Il est extrêmement important que les organismes environnementaux, sociaux et indigènes dans les pays en voie de développement jouent un rôle actif dans la préparation du prochain CSP/RSP. Si votre organisation décide de prendre l’initiative d’influencer le prochain CSP pour votre pays, vous devez réaliser que les fonctionnaires de la CE s'attendent souvent à ce que la société civile les approche avec une intention de fournir des éléments-clés au processus.

Avant la fin 2004, la Commission Européenne entreprendra les études qui serviront de base à la prochaine étape des Documents de Stratégie par Pays. Les propositions seront discutées en 2005. La participation de la société civile sera cruciale afin de s'assurer que des questions des forêts sont incorporées dans la programmation d'aide de la CE.

Contactez iola@fern.org pour obtenir des conseils sur la manière de s'adresser à votre délégation de la CE ou pour savoir qui contacter.

LIENS
FERN report Forest at the Edge (Nov 2002): http://www.fern.org/pubs/reports/cspedge.pdf
FERN Briefing Introduction to EC Development Aid (March 2003):
http://www.fern.org/pubs/briefs/aid2.pdf

6. Les Accords Economiques de Partenariat

Les Accords Economiques de Partenariat (EPA) négociés actuellement entre l'UE et les pays et les régions partenaires dans les pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) sont de plus en plus perçus par les ONG dans les pays ACP et en Europe comme défendant les intérêts de l'UE - au détriment des intérêts des pays ACP.

Les inquiétudes sont les suivantes:

§         les EPA empêcheraient l'intégration régionale dans les régions ACP ;

§         les EPA pourraient forcer des pays ACP à ouvrir leurs marchés aux produits et services de l'UE ;

§         les EPA pourraient être un outil pour l'UE pour développer leurs intérêts à Singapour (reliés à l'investissement, à la transparence dans les marchés publics, à la concurrence et à la facilitation du commerce), question qui n’a pas été traitée à l’OMC, dû à la résistance des pays ACP et d'autres pays.

Les EPA sont négociés en tant qu'élément de l'accord de Cotonou, un accord de coopération signé entre l'UE et 78 pays ACP en juin 2002. Dans une lettre à Eurostep (solidarité européenne vers la participation égale des peuples), un réseau composé des 15 principales ONG de développement des 12 pays européens, la Commission européenne déclare qu'elle "s’engage complètement à faire des EPA un outil de développement essentiel pour réduire la pauvreté et pour construire les EPA sur l'intégration régionale du Sud" (voir lien ci-dessous). Dans la même lettre la Commission déclare également que "la libéralisation inconditionnelle du commerce n’est ni possible ni souhaitable pour la plupart des états ACP".

Pourtant, en dépit de ces affirmations, les négociations initiales avec la région (ESA) d’Afrique de l’Est et du Sud et avec les pays Pacifiques ont alarmé les groupes de la société civile au Kenya, en Ouganda, au Zimbabwe et dans le Pacifique. Ces groupes proclament, dans divers rapports (1), que le processus de négociation actuel mis en oeuvre par l'EU sera nuisible à la plupart des pays ACP. Ils s’inquiètent des implications sociales, politiques et économiques de ces négociations sur les économies petites et vulnérables du Pacifique et de l'Afrique de l'Est, basées sur la demande européenne pour ouvrir leurs économies à l'investissement direct étranger et pour privatiser les terres. Selon les groupes dans le Pacifique, l'UE a déjà demandé à la Papouasie-Nouvelle Guinée et les îles Salomon de supprimer les lois communales de propriété terrienne qui ne permettent pas aux étrangers de posséder des terres (2).

Un groupe d’ONG européennes a maintenant proposé douze étapes pour changer l'approche actuelle d'EU, qualifiant de « mal placé » l'optimisme de la Commission européenne concernant les effets potentiellement positifs du développement des EPAs. Avec la révision de l'accord de Cotonou en 2005 et la fin des négociations des EPA en 2007, il faut se préparer à une nouvelle bataille du commerce de l'UE.

(1) Commentaires de la société civile kényane au lancement des négociations du ESA EPA et du mandat de négociation de la proposition, Février 2004 ; ‘Between a rock and a hard place’ par MWNEGO (sans date) et ‘Rapport sur le lancement des négociations des EPA entre les états d'ESA et de l'UE’ par TRADES, MWENGO ET SEATINI, février 2004.

(2) Rapport des organisations de la société civile lors d’un atelier sur les négociations pour un EPA entre les états ACP du Pacifiques et l'Union Européenne, 7 septembre 2004, Suva.

LIENS
Lettre de la Commission Européenne à Eurostep (Juin 2004) (en anglais): http://europa.eu.int/comm/development/body/tmp_docs/PL-PN_040621_letter_Eurostep_en.pdf
Site de
EPA watch (pour tous les documents cités ci-dessus): http://www.epawatch.net/general/start.php

 

N o u v e l l e s  d u  Monde

7. Les règlements européens menacent les ‘Standards légaux’ en Indonésie

Les développements récents en Indonésie démontrent un manque de garanties dans la proposition de règlement de l'UE  pour limiter les importations illégales de bois en Europe (voir ‘Plan d’action de l’UE sur les coupes illégales’ ci-dessus). L'Europe permettrait ainsi de traiter les communautés indigènes comme criminels dans leurs propres forêts (voir ‘Down to Earth’ bulletin No.62), et de les sanctionner par la peine de mort.

L’avancement positif vers le développement de standards légaux pour l'Indonésie (voir les Echos de la Plateforme no 3) pourrait être nettement ralenti si un nouveau règlement d’urgence sur les coupes illégales (annoncé initialement en mars 2004 par le ministre indonésien des forêts Prakosa) entrait en vigueur en Indonésie. La dernière proposition de ce règlement indonésien, qui couvre l'abattage, le transport, le stockage, la possession et la distribution du bois de construction illégal a mis en place un système de pénalités comprenant : la peine de mort ou l'emprisonnement à vie pour le financement des coupes illégales; des peines de prison de 5 à15 ans accompagnées d’amendes importantes pour la commande ou la mise en oeuvre des coupes illégales; et de 5 à 7 ans accompagnées d’amendes pour les fonctionnaires qui ignorent des cas de coupes illégales.

En définitive, pour les populations locales, le règlement indonésien revient à une définition très étroite de la légalité excluant le respect des droits ancestraux et du consentement libre, et informé - deux notions qui apparaissent pourtant dans la proposition de ‘Standards Légaux’ pour l'Indonésie. Les droits des communautés indigènes dans leurs forêts ancestrales sont donc extrêmement faibles dans la loi indonésienne.

La proposition actuelle de la Commission ignore les exigences du Conseil en ne s’assurant pas que le règlement de l'UE sur le bois importé garantisse des droits de la terre et la participation effective des populations locales. Il appartient maintenant au Conseil de rectifier ceci, le cas indonésien montrant que sans garanties claires, les règlements actuels de l’UE risquent de légitimer des pratiques inacceptables, incluant la peine de mort.

LIENS
Propositions de Standards Légaux, incluant les principes, les critères, les indicateurs et les notes d’orientation: http://www.illegal-logging.info/
Down to Earth Bulletin No. 62 (Août 2004): http://www.dte.gn.apc.org/

8. Le nouveau processus ENA-FLEGT : préparons-nous à participer

La réunion ministérielle de la Application des Réglementations Forestières, Gouvernance et Echanges Commerciaux pour l’Europe et l’Asie du Nord (ENA-FLEGT) est prévue en Russie en août 2005. L'ENA-FLEGT s'est développée en réponse à une attention internationale centrée sur la lutte contre la menace pour les forêts que constitue les coupes illégales, leur commerce et la corruption qui y est liée. C'est le résultat d'un certain nombre de consultations, conférences et initiatives nationales, y compris le colloque régional commandité par la Banque Mondiale sur renforcement de la coopération pour l'application des lois de sylviculture dans les pays du bassin du Mékong (1999) et sa conférence concernant le contrôle des coupes illégales en Asie de l'Est (2001).

Afin de permettre aux ministres de prendre des décisions réalistes pour résoudre les questions de crime dans les forêts, de corruption, et de mauvaise gestion des forêts en Russie et avec ses partenaires commerciaux, il faut créer une base solide de connaissance et d'expérience qui requiert la participation d’une large gamme d’intervenants. Comme pour d’autres processus similaires, cette large participation est cruciale afin d’assurer un processus FLEGT efficace qui réveille la conscience publique et la volonté politique d’appliquer des solutions.

Le Taïga Rescue Network (TRN) a mis sur pied un groupe de travail sur ENA-FLEGT pour s'assurer d’une participation civile significative. TRN regroupe plus de 200 ONG, ‘organisations de peuples indigènes’, et communautés concernées au premier chef par la forêt dans la région boréale. Parmi ces organismes, 45 sont basés en Russie. Pour s'assurer que les voix de la société civile sont entendues lors de la réunion ministérielle, le groupe de travail essayera de réunir des organisations pour partager l'information, développer des compétences et coordonner l'action. Un élément essentiel de cette initiative sera d’informer et de former au processus de FLEGT une large variété d'organismes de la société civile, d’écoles, d'industries, de bailleurs de fonds et de fonctionnaires gouvernementaux.

En résultat des discussions tenues au cours de la réunion bisannuelle de TRN en septembre 2004, deux résolutions ont été envoyées aux gouvernements concernés afin de mettre en place les structures nécessaires pour inclure la société civile dans le processus et pour encourager le gouvernement chinois en particulier (en tant que puissance économique globale croissante et importateur principal du bois de construction russe), à participer activement aux discussions. Des articles sur ce processus de FLEGT sont attendus avant la fin 2004.

Pour contacter le groupe de travail FLEGT de TRN, email : info@taigarescue.org

 

9. Coopération au Développement avec les Philippines : revue de l’Intégration Environnementale

Malgré la reconnaissance du lien entre l’Environnement et le Développement dans l’aide stratégique 2004-2006 de l’Union Européenne aux Philippines, aucun fond spécifique n’a été alloué aux questions environnementales. De plus, alors que la priorité de la stratégie – comme indiqué dans le Document de Stratégie par Pays pour les Philippines – est la réduction de la pauvreté, les questions environnementales ne sont pas comprises dans les deux autres priorités de coopération qui sont 1) l’assistance au commerce et à l’investissement et 2) la bonne gouvernance.

Ceci est d’autant plus étonnant que l’évaluation récente de la stratégie de coopération de la CE menée par l’Asia Forest Network, montre que le Document de Stratégie par Pays pour les Philippines reconnaît la mauvaise application de la loi come principal problème qui mène à la dégradation environnementale du pays. De plus, alors que la bonne gouvernance est l’une des mesures centrales soulignées par le Plan d’Action FLEGT de l’UE, on estime qu’en 2002, 46% des importations de bois provenant des Philippines étaient illégales.

Pourtant ni le premier Programme Indicatif National (NIP) pour les Philippines (2002-2004) ni le second (2005-2006), ne reflète l’importance de la bonne gouvernance comme facteur-clé pour assurer l’équilibre environnemental.

Dans un pays qui a déjà perdu plus de 90% de ses forêts ancestrales, où 24 millions de philippins vivent sous le seuil de pauvreté, et où environ 20 millions dépendent étroitement des forêts (1), il est clair que les 5.7 millions d’hectares de forêts restantes sont une ressource naturelle primordiale que toute stratégie de coopération de l’UE qui a pour but de réduire la pauvreté doit prendre en compte. Cela supposera d’aborder des questions telles que les droits des peuples indigènes, les droits de la terre, et la gouvernance et exigera d’améliorer la cohérence entre les politiques existantes de la CE sur l’environnement, le développement, le commerce, etc.

La manière dont les questions environnementales sont abordées actuellement permettent d’allouer des fonds à l’environnement par l’intermédiaire des projets de développement ruraux mais ces montants sont trop faibles pour produire un effet significatif. Toute stratégie future de l’aide de l’UE doit  donc reconnaître pleinement la relation entre les ressources naturelles –particulièrement les forêts - et les conditions de vie des philippins qui dépendent directement de ces ressources. Ceci dépendra d’une consultation effective de la société civile pendant la préparation, la mise en place et l’évaluation de le stratégie d’aide de la CE dans l’avenir.

Cet article est basé sur le document de travail de Asia Forest Network par Noelyn Dano, Rowena Soriaga et Peter Walpole (Mars 2004). Review of Environment as a cross-cutting issue in the EU Development Co-operation in the Philippines. http://www.asiaforestnetwork.org

(1) Qiang Ma (Avril 1999) Asia-Pacific Forestry Sector Outlook Study. Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO), Bureau regional pour l’Asie et le Pacifique, Bangkok. http://www.fao.org/docrep/x2613e/x2613e00.htm#contents

LIENS
Le Document de Stratégie par Pays CE-Philippines 2002-2006 et le Programme Indicatif National 2002-2004 http://europa.eu.int/comm/external_relations/philippines/csp/02_06_en.pdf
Philippines National Indicative Programme 2005-2006 http://europa.eu.int/comm/external_relations/philippines/csp/nip_05_06.pdf
Arnoldo Contreras-Hermosilla (2001) Forest Law Enforcement World Bank http://www.worldbank.org/devforum/files/overview.doc

 

Informations  u t i l e s

11. Démêler l’écheveau européen : nouvelles publications et documents

Vers une Europe responsable dans le monde : Article sur le projet de règlement de la coopération au développement et la coopération économique : Eurostep (Sept 2004). Briefing No. 21.  Cet article fournit une vue d'ensemble des nouveaux projet de règlement et expose ses inqiétudes sur la participation de la société civile et la démocratie. http://www.eurostep.org/docs/200410011659441708.doc

Comparaison des accords de libre-échange de l'UE et des Accords Economiques de Partenariat: ECDPM (septembre 2004) La première série d’articles par le Centre européen pour la Gestion de la Politique de développement (ECDPM), l'EU FTA InBriefs, sera disponible avant la fin 2004 et a pour objectif de fournir une vue d'ensemble détaillée des dispositions commerciales (et reliées au commerce) des dix accords de libre-échange (FTAs) récemment signés par l'Union Européenne (EU) avec les pays tiers, c.-à-d. les pays méditerrannéens, l'Afrique du Sud, le Mexique et le Chili. La deuxième série, EPA InBriefs, fournit une introduction et une synthèse des questions spécifiques qui doivent être adressées dans la négociation d'un EPA. Les premiers EPA InBriefs sont prévus à la fin 2004 et début 2005. http://www.ecdpm.org/ftainbriefs

Un guide pratique de la campagne au niveau de l'UE :l'impact de l'UE sur les forêts. FERN, TRN (Juin 2004). Un outil essentiel pour ceux qui travaillent à influencer l'UE sur les questions des forêts, ce guide fournit une vue d'ensemble de l'UE, de ses institutions, et détaille la façon dont les processus de l'UE fonctionnent, offre des conseils pratiques pour influencer ces processus et trouver sur l'information critique. Disponible sur : info@fern.org  (pour un imprimé) ou http://www.fern.org/pubs/reports/EU-guide.pdf

 

12. Qu’est-ce que la EC Forest Platform ?

En juillet 2002, FERN a lancé la Plateforme Forêts–Communauté européenne (CE). L'objectif de cette plateforme est de veiller à ce que la coopération au développement de la CE (10 % de l'aide publique mondiale au développement) ait un impact positif pour les forêts et les populations des forêts. Ses principaux objectifs sont:

·         offrir un canal de communication aux ONG et aux populations des forêts qui souhaitent faire entendre leur voix auprès de la Communauté européenne;

·         débattre de l'impact des projets et politiques communautaires d'aide sur les forêts et les populations des forêts;

·         fournir aux décideurs de la CE des informations du terrain sur les forêts et les populations des forêts;

·         promouvoir le renforcement de la coopération et du dialogue entre les ONG de la CE et du Sud, les organisations des communautés locales et les organisations des populations autochtones.

Les activités de la Plateforme doivent contribuer à améliorer la mise en œuvre des engagements pris par la Commission européenne en matière de coopération au développement, d'intégration de la question environnementale et de reconnaissance de la société civile comme un partenaire actif. Les échanges entre les ONG environnementales européennes et les ONG du Sud doivent faciliter la sensibilisation des premières aux problèmes de développement des populations du Sud.

 

Pour plus d’informations ou pour coopérer à la Plateforme Forêts–Communauté européenne, visitez notre site Internet www.fern.org/pages/aid/platform.htm ou envoyez un courrier électronique à la coordinatrice de la plateforme, Iola Leal Riesco, iola@fern.org