Echos de la P l a t e f o r me

N° 5 Janvier 2005 Trimestriel de la Plateforme Forêts–Communauté européenne
La Plateforme Forêts–Communauté européenne est une initiative de FERN visant à assurer un lien entre les populations du Sud et la Communauté européenne dans le domaine de l'aide et des forêts.


Chers membres de la plateforme,
2005 débute comme une année prometteuse quant aux améliorations que la Commission européenne va apporter au financement des projets forestiers. Le Commission européenne s'est promis de consulter tous les acteurs – étatiques et non étatiques -  pour définir ses priorités de coopération au développement et le Parlement européen demande la responsabilité et la participation de la société civile dans la nouvelle législation proposée pour réformer le cadre de règlementation des dépenses d'aide de la CE. C’est maintenant l'occasion d’obtenir de bonnes procédures tout en donnant à la Commission la flexibilité nécessaire pour poursuivre ses objectifs de développement.

Les discussions se poursuivent aussi bien sur ‘La proposition de règlement concernant la mise en place d'un régime d'autorisation volontaire (licences) pour contrôler les importations de bois dans la Communauté européenne’ que sur le mandat qui servira de base de négociation aux accords avec les pays partenaires (incluant la Malaisie). La participation de la société civile des pays partenaires est essentielle pour s'assurer que les actions de l’UE ne se traduisent pas en augmentation de l’abattage illégal, c’est pourquoi nous accueillons favorablement au début février des militants malaisiens d’ONG qui partageront leurs opinions avec des ONG, l'industrie et des décideurs politiques de cinq pays européens. Le 7 avril, une conférence du Parlement européen sera tenue sur cette question.

Pour proposer des articles ou vos réactions aux nouvelles de la Plateforme, contactez Iola Leal Riesco iola@fern.org 

Sommaire

Editorial

Les Débats de la P l a te f o r me
1. Cameroun : De nouveaux partenaires pour la Plateforme Forêts - Communauté européenne
2. La Plateforme Forêts - Communauté européenne définit ses objectifs
3. FLEGT: Les mois à venir vont être décisifs…
4. Révision de l’Accord de Cotonou

Nouvelles politiques de l’UE

5. Revue de la Déclaration sur la Politique de Développement de la CE
6. Une proposition de la Commission soulève des craintes au sujet de l’aide au développement de le CE

N o u v e l l e s  du Monde
7.
La Commission emménage dans des bureaux construits avec du bois provenant de coupes illégales
8. Les ONG exigent le support de l’UE pour combattre l’abattage illégal dans les régions du Delta du Sud Niger
9. Forest Watch Ghana exige un renforcement des lois forestières

Informations  u t i l e s
10. Comprendre la complexité de l’UE: nouveaux briefings et publications
11. Qu’est-ce que la Plateforme Forêts–Communauté européenne ?

Les Débats de la P l a te f o r me

1. Cameroun : De nouveaux partenaires pour la Plateforme Forêts - Communauté européenne

Par Edith Abilogo, représentante de la Plateforme ForêtsCommunauté européenne au Cameroun

Le 8 décembre 2004, le Président de la République a procédé à un remaniement ministériel. Suite à cet acte, les départements ministériels de nos principaux interlocuteurs ont connu de légères modifications qui vont influer dans une moindre mesure les relations entretenues jusquici par la Plate-forme et ces institutions étatiques. Désormais, lex-ministère de la Programmation, des Affaires économiques, de lAménagement du Territoire (MINPAT) devient « ministère de la Planification, de la Programmation, du développement, et de lAménagement du territoire (MINPDAT) (1)».

Cest le ministre dEtat Augustin Frédéric Kodock, en lieu et place de Martin Okouda qui va diriger ce département ministériel. Le ministère de lEnvironnement et des Forêts (MINEF) cède la place à deux portefeuilles : le ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) dirigé par Hilmann Egbe Achuo, et le ministère de lEnvironnement et de la Protection de la Nature conduit par Pierre Hélé.

A la lecture des missions dévolues à ces nouveaux ministères, lon se rend compte que ce ne sont, pour linstant, que des changements de surface, car les termes de références demeurent pratiquement inchangés. Certes, certaines missions de lex-ministère de la Programmation, des Affaires économiques, de lAménagement du Territoire ayant été réorientés. Et confiés à de nouvelles personnes, mais ninfluent par sur les domaines ciblés par la Plate-forme.

Il faut maintenant attendre la mise en place des nouveaux organigrammes commandés par le gouvernement, pour connaître les mutations futures du partenariat Plateforme ForêtsCommunauté européenne /Cameroun. En effet, lancien ministère de lEnvironnement et des Forêts ayant été éclaté en deux entités distinctes, la Plateforme devra revoir ses rapports avec les nouvelles institutions ; même si le MINFOF apparaît déjà comme celui avec lequel elle sera le plus souvent amener à travailler, car cest cette institution qui aura la charge de coordonner toutes les actions relevant du domaine forestier et de la faune.

Ce dont on est sûr, cest que la Plateforme va devoir nouer de nouveau contacts avec les personnes qui auront la charge des domaines qui lintéressent.

(1) L’abréviation n’est pas encore officielle.

Pour obtenir des informations ou des documents sur notre plateforme nationale au Cameroun, ou pour faire partie de la Plateforme, veuillez contacter Edith Abilogo (abilogo@cedcameroun.org ), CED - Centre pour l’Environnement et le Développement, Cameroun.

 

2. La Plateforme Forêts-Communauté européenne définit ses objectifs

Les membres de la Plateforme se sont réunis à Yaoundé, capitale du Cameroun, du 6 au 8 Décembre 2004 pour débattre du rôle de la société civile dans les questions relatives à l’aide de la Communauté européenne et aux forêts. Le Séminaire de Stratégie s'est concentré sur l'évaluation faite par la société civile de la revue 2004 des stratégies de coopération aux pays et sur la manière d’assurer une participation égale de tous les acteurs du développement dans les processus d'aide de la CE.

Après un an d’engagement actif de la société civile dans l'évaluation de l'impact de la coopération de la Communauté européenne sur les forêts et les populations qui en dépendent, il a été clairement conclu que la Communauté a encore un long chemin à faire pour impliquer ses partenaires de la société civile, et en particulier les communautés affectées, dans ses politiques et projets de coopération. Le manque de transparence et d'accès à l'information était un deuxième souci important partagé par les participants indonésiens et camerounais, qui font face à de perpétuelles contraintes en tentant d'accéder à l'information sur les projets de la CE qui sont mis en place dans leurs pays respectifs.

La Plateforme a accueilli favorablement les efforts de la Communauté dans son combat contre le commerce global du bois abattu illégalement. Le plan d'action de l'UE sur l'application des Règlementations Forestières, Gouvernance et Echanges commerciaux (FLEGT) a été perçu comme une étape importante vers l'élimination d'une pratique qui fait perdre aux pays producteurs de bois environ $US15 milliard par an d’impôts, somme qui pourrait être affectée aux politiques sociales d’allégement de la pauvreté et à l’utilisation durable des ressources naturelles. Les membres de la Plateforme ont exprimé leur intention de suivre de près ce processus et la volonté de s’engager pleinement dans les discussions politiques en cours.

Partageant des inquiétudes concernant l'efficacité et la cohérence de l’ensemble des actions externes de l'UE, les membres de la Plateforme ont tous réclamé une proposition de la Communauté qui s'assurera que les actions de l'UE contribuent au développement durable et à l’élimination de la pauvreté.

Les informations sur la Réunion Stratégique, les résolutions de la Plateforme et d’autres déclarations sont disponibles sur notre site sur http://www.fern.org/pages/aid/platform.htm

 

3. FLEGT: Les mois à venir vont être décisifs…

La Commission européenne a présenté un projet de loi pour contrôler l'importation du bois des pays producteurs avec lesquels l'UE aura un accord de partenariat. A ce jour, la Commission espère développer des accords de partenariat avec l'Indonésie, la Malaisie, le Gabon, le Ghana et probablement la Russie. Ces accords de partenariat volontaires, une fois convenus, formeront la base du contrôle des importations de bois illégal de ces pays. Ils comptent détailler la définition de lillégalité, comment vérifier la légalité et comment autoriser le bois légal. La loi, quand elle sera appliquée, permettra aux douanes de lUE de stopper tout le bois provenant des pays partenaires qui n'est pas autorisé (et peut donc être considéré comme illégal).

Le projet de loi a été présenté au Conseil en juillet 2004 et on suppose qu il ladoptera au deuxième semestre 2005. Cette loi, une fois adoptée, sera un document purement technique donnant le pouvoir aux douanes de stopper le bois non-autorisé. Ceci signifie que le débat sur les questions-clés comme : `Comment ces accords de partenariat seront-ils négociés?', `Y a-t-il des standards minimaux pour ce que lUE accepte comme légal?', La société civile indépendante contrôle-t-elle une partie du processus de vérification?', ` Qui définit ce qui est légal dans le contexte des accords de partenariat?' et `Un plan d'action est-il prévu pour améliorer la gouvernance ?', représente la partie de la discussion qui na pas encore réellement commencé sur "Que doit contenir un accord de partenariat?".

FERN et plus de 150 ONG du Sud et du Nord ont présenté un rapport au Conseil en décembre (voir des liens ci-dessous). Ce rapport indique la nécessité de baser les accords de partenariat sur des conditions claires pour assurer le soutien des actions pour améliorer la gestion des forêt et garantir les droits de jouissance des terre. Ce n'est pas le cas à l'heure actuelle. Selon les propositions actuelles, les accords de partenariat :

1)       traitent seulement le bois coupé, la sciure et le contre-plaqué et excluent tout autres produits ;

2)       ne traitent pas des exportations vers d'autres pays que l'UE- facilitant de ce fait le commerce illégal par l'intermédiaire des pays tiers ;

3)       n'exigent pas la pleine participation des groupes de la société civile à la négociation

4)       ne distinguent pas clairement le contrôle et la vérification et ne prévoient pas de contrôles inopinés de la société civile indépendante ;

5)       ne sont pas basés sur l'évaluation claire et complète de la législation forestière, y compris des lois coutumières, au risque de renforcer les lois existantes, souvent destructives et injustes, et daccroître la vulnérabilité des groupes marginaux.

FERN croit que les accords de partenariat ne peuvent aborder sérieusement labattage illégal sans un processus qui conduit à lamélioration de la gouvernance et à la réforme des lois forestières, dans le but dune gestion forestière durable, avec un accent spécifique donné à la foresterie communautaire. Par conséquent, sans inclure les clauses de protection et des exigences permettant d'exclure le blanchiment par l'intermédiaire des pays tiers, il y a de grandes chances que les propositions actuelles fassent reculer le débat plutôt que de le faire avancer.

Pour exprimer ses arguments, FERN - soutenue par Greenpeace et WWF - a présenté un document dénommé  Principes pour les Accords de Partenariat FLEGT (voir liens ci-dessous). Les cinq principes essentiels décrits sont les suivants:

1.       Les accords de partenariat doivent être basés sur l'évaluation appropriée de la législation forestière existante (y compris les lois coutumières, celles liées aux droits de l'homme, etc.) ;

2.       Les accords de partenariat doivent être liés à un programme d'action à étapes et échéances visant à la gestion forestière durable ;

3.       Les accords de partenariat doivent être développés dans un processus de participation incluant les ONG et communautés locales ;

4.       Les accords de partenariat doivent exiger que tout le bois exporté fasse lobjet de licences (pas uniquement les exportations vers l'UE) ;

5.       Les accords de partenariat doivent exiger que les licences soient basées sur la vérification indépendante de la légalité et que des contrôles inopinés de la société civile fassent partie du processus

FERN croit que SI ces principes sont pris en compte dans les accords de partenariat, il est possible que le processus FLEGT de l'UE pourra faire avancer la discussion. Les mois à venir seront donc décisifs pour assurer que le processus FLEGT de l'UE se traduira en actions positives pour aborder labattage illégal. Si ces cinq principes ne seront pas acceptés, le processus FLEGT risque davoir leffet inverse.

LIENS
Plan d’Action FLEGT de l’UE:
Le Plan d’Action (May 2003): http://europa.eu.int/comm/development/body/theme/forest/initiative/docs/Doc1-FLEGT_en.pdf#zoom=100
Analyse de FERN du Plan d’action et recommandations au Conseil (Juillet 2003): http://www.fern.org/pubs/briefs/illegallog2.pdf et http://www.fern.org/pubs/ngostats/AP_reccs.htm
Conclusions du Conseil (Octobre 2003): http://europa.eu.int/eur-lex/pri/fr/oj/dat/2003/c_268/c_26820031107fr00010002.pdf
Publications de la Commission sur le Plan d’Action FLEGT. (Avril 2004): http://europa.eu.int/comm/development/body/theme/forest/initiative/briefing_sheets_en.htm
Déclaration conjointe des ONG (Dec 2004): Controlling timber imports into the EU: http://www.fern.org 

Régime de licences et accords de partenariat volontaires:
Proposition de règlement du Conseil concernant la mise en place d'un régime d'autorisation volontaire FLEGT relatif aux importations de bois dans la Communauté européenne (Juillet 2004): http://europa.eu.int/eur-lex/en/com/pdf/2004/com2004_0515en01.pdf
Commentaires de FERN, Greenpeace et WWF sur la proposition de règlement du Conseil concernant la mise en place d'un régime d'autorisation volontaire FLEGT relatif aux importations de bois dans la Communauté européenne (Sep 2004):: http://www.fern.org/
Principes de FERN, Greenpeace et WWF pour les accords de partenariat FLEGT(Jan 2005): http://www.fern.org/

Positions des ONG:
Facing Reality: how to halt the import of illegal timber in the EU. FERN, WWF and Greenpeace (Apr 2004): http://www.fern.org/pubs/reports/facing_reality.pdf

 

4. Révision de l’accord de Cotonou

L'accord de Cotonou est un accord du commerce et de coopération entre l'UE et les 77 états dAfrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Il a été signé le 23 juin 2000 pour une période de 20 ans, et ratifié en 2003. Selon l'accord de Cotonou, on envisage qu'une révision peut avoir lieu tous les cinq ans. Bien que l'exécution de cet accord n'ait pas commencé réellement avant sa ratification en 2003, des discussions sont en cours depuis avril 2004 entre la Commission européenne et les pays ACP afin de préparer une renégociation des dispositions et articles de l'accord existant, qui pourraient nettement changer cette année (probablement le 20 février 2005).

La révision est négociée en vue de renforcer son exécution dans un pays et/ou une région, et bien que l'UE indique qu'il na pas lintention de changer l'"acquis" de l'accord le processus est conduit par la perspective a) de concrétiser certains engagements récents [...] entrepris par l'EU, notamment sur la sécurité internationale, b) daméliorer [...] des modalités pour l'exécution de l'aide et c) et dharmoniser les procédures et les méthodes de travail qui organisent le rapport entre l'UE et les pays en voie de développement.

Jusqu'ici, les négociations, qui ont connu une très faible participation des Etats membres, ont été particulièrement tendues sur les sujets suivants : une clause contre le terrorisme (finalement approuvée le 3 décembre 2004) ; la prolifération des armes de destruction massive (si présenté comme élément essentiel de l'accord qui pourrait se traduire en suspension de laide pour les pays qui ne coopèrent pas avec lUE) ; l'appui au Tribunal Pénal international ; la discussion sur l'utilisation de l'art. 96 (les états ACP ont proposé de tenir compte de la position du groupe entier ACP dans le dialogue politique comme moyen de combattre l'unilatéralisme européen) ; la redéfinition du rôle de l'Officier National d'Autorisation (la Commission propose de le remplacer par le chef de délégation, ce qui renforcerait la Commission tout en réduisant le concept de propriété) ; et accès direct au financement (les changements proposés favoriseraient linitiative globale sur le déboursement national et régional de fonds).

Une question plus fondamentale demeure : étant donné la portée de la révision, l'accord révisé ne devrait-il pas être ratifié par les Parlements européens et nationaux?

Pour une analyse plus détaillée, voir la prise de position de Concord sur la révision sur http://www.concordeurope.org/download.cfm?media=pdfUK&id=674


Nouvelles politiques de l’UE

5. Revue de la Déclaration sur la Politique de Développement de la CE

Le 19 janvier, la Commission européenne a lancé sur Internet un processus de consultation sur Déclaration sur la Politique de Développement de la Communauté européenne. En l'absence d'orientation politique dans l'instrument de financement proposé pour l'aide de la CE (voir ci-dessous La proposition de la Commission soulève des craintes pour l'aide de la CE), il est important de s'assurer que des questions des forêts et des populations qui en dépendent soient incluses dans ce document.

La Déclaration sur la Politique de Développement de la Communauté européenne, qui a établi les priorités politiques de la coopération au développement de la CE, a été réalisée en 2000 par la Commission et tous les Etats membres de l'UE et en l'absence du Parlement européen.

L'absence de large consultation et l'exclusion du Parlement ont soulevé des protestations dans toute la société civile. Cette fois, la Commission a lancé la consultation avant de présenter son rapport final. Pour focaliser la discussion, elle a présenté un document de réflexion qui identifie les questions considérées comme essentielles par la Commission. La consultation sera basée sur un questionnaire à choix multiple en ligne à propos de ce document. Une réunion avec la société civile aura lieu avant que le processus de consultation par Internet ne soit terminé le 2 mars.

Les résultats de la consultation et d'une nouvelle proposition de politique sous forme de Communication de la Commission seront publiés en Mars/Avril 2005. Le document de politique sera présenté au Conseil et au Parlement afin dobtenir une résolution commune à la mi-2005.

Malgré la reconnaissance des efforts majeurs pour améliorer le processus de consultation lors de cette révision, le questionnaire en ligne de la Commission est biaisé et fallacieux. En outre, bien que le document de réflexion soit disponible en anglais, français, espagnol et allemand, le questionnaire nest disponible quen anglais et français, seules langues dans lesquelles les réponses sont acceptées. Une des grandes régions ayant lespagnol et le portugais comme langues principales, on peut se demander l'intérêt de la Commission à faire pleinement participer à la consultation tous ses partenaires au développement.

Pour aider les organisations de la société civile, la Plateforme Forêts - CE fournira une analyse du processus de révision dans les prochaines semaines à venir et produira une note informative sur la question. En attendant, si vous souhaitez envoyer votre avis, nous vous encourageons à éviter le questionnaire en ligne et à le faire directement par email à dev-ipm-consultations@cec.eu.int

LIENS
Déclaration actuelle sur la Politique de Développement de la CE (Nov 2000)
 : http://europa.eu.int/comm/development/body/legislation/docs/council_statement.pdf
Site de consultation de la Commission http://europa.eu.int/comm/development/body/theme/consultation/index_en.htm <http://europa.eu.int/comm/development/body/theme/consultation/index_en.htm>
Document de réflexion de la Commission (Jan 2005) http://europa.eu.int/comm/development/body/theme/consultation/doc/Issues_Paper_EN.pdf

 

6. Une proposition de la Commission soulève des craintes au sujet de l’aide au développement de le CE

Fin 2004, la Commission a présenté une restructuration majeure de l'aide de la CE. La proposition telle quelle est présentée permettrait une redistribution des fonds alloués aux pays les plus pauvres envers ceux avec lesquels l'UE a un intérêt économique et/ou politique évident: ceci à la discrétion de la Commission.

Le cadre proposé pour les questions relatives au financement de laide réduirait à six instruments financiers létendue actuelle des lignes budgétaires géographiques et thématiques (voir Les Echos de la Plateforme n°4). Le changement considérable par rapport aux pratiques en vigueur est que les nouveaux instruments de financement proposés (y compris celui sur la coopération au développement) ne couvrent pas les priorités ou les programmes politiques. Ceux-ci seraient développés par la Commission et le Conseil par l'intermédiaire de diverses politiques ou par les documents de programmation tels que les Documents de Stratégie par Pays ou les Programmes de Stratégie Régionale - cadres de la CE pour la coopération avec un pays ou une région.

Malgré la nécessité de plus de flexibilité dans les dépenses d'aide, les changements proposés transmettraient les pouvoirs principaux du seul corps démocratiquement élu de l'UE - le Parlement - à son corps exécutif - la Commission. Ceci laisse à la Commission la liberté de définir les priorités pour la coopération sans obligation de consulter la société civile (1). Un autre souci est l'intention de la Commission de réduire le nombre de lignes budgétaires (2). Réduire le nombre de lignes budgétaires à un minimum se traduirait en plus de flexibilité à lintérieur de chaque instrument, donnant la possibilité de transférer le financement dun secteur à lautre de la coopération. Une proposition est prévue dans les mois à venir, mais les questions reliées aux forêts doivent néanmoins être clairement reflétées dans les lignes budgétaires.

Le Comité de développement du Parlement européen rédige actuellement un document de travail sur l'instrument de financement au développement dans lequel il rejettera la proposition et demandera à la Commission de présenter un nouveau document. Comme la décision finale de rejet doit être décidée par le Parlement au complet, on espère que les continuelles discussions darrière-plan entre les deux institutions réussiront à obliger la Commission à repenser sa position.

(1) FERN avoir produire une note qui explique les changements présentés par la nouvelle proposition (voir lien ci-dessous)
(2) Les instrument financiers sont divisés en lignes budgétaires, qui sont les instruments par lesquels les fonds sont alloués à un secteur spécifique (par exemple la ligne budgétaire forêts, un secteur thématique sous l’instrument financier pour le développement à la coopération, établirait la base pour le déboursement des fonds aux projets visant à la conservation des forêts ou à la gestion durable des forêts)

LIENS
Proposition de la Commission établissant un Instrument de Coopération au Développement et de Coopération économique (Sep 2004) http://europa.eu.int/eur-lex/en/com/pdf/2004/com2004_0629en01.pdf
Publication de FERN pour comprendre les elements principaux de la proposition de la Commission All change: a proposal for a new instrument on development and economic co-operation (Dec 2004):
http://www.fern.org/pubs/briefs/all%20change%20with%20head.pdf
Déclaration conjointe des ONG sur la Proposition de la Commission de simplifier l’aide au Développement de la CE (Dec 2004) http://www.fern.org/pubs/ngostats/FPerspectives%20dec%202004.pdf


N o u v e l l e s  du Monde

7. La Commission emménage dans des bureaux construits avec du bois provenant de coupes illégales

En Octobre 2004, la Commission européenne a terminé les rénovations dans son siège de Bruxelles en utilisant du bois provenant du commerce illégal. En mai 2004, Greenpeace avait révélé l'utilisation dans les projets de construction de lUE de bois fourni par des compagnies connues pour faire commerce de bois illégal provenant des forêts tropicales indonésiennes (voir Les Echos de la Plateforme n°3).

La Commission a promis une enquête, mais n'a pas toujours conclu ses investigations sur lorigine du bois, sanctionné ses entrepreneurs ou amendé sa politique de contrats. En outre, le contre-plaqué indonésien était toujours livré sur le chantier de construction après la révélation initiale. On estime que labattage illégal représente 70 pour cent de la production de bois en Indonésie, 80 pour cent au Brésil et 50 pour cent au Cameroun, trois des plus grands fournisseurs mondiaux de bois tropical (1).

La Commission européenne sest engagée à faire de lUE une championne de la protection globale des forêts en n'achetant pas le bois provenant de sources illégales ou non-durables, et en s'assurant que le bois illégal n'entre pas dans l'UE (voir ` FLEGT 'ci-dessus). Mais jusquà présent, la Commission a échoué dans sa propre politique d'achat et de contrats pour empêcher que des situations semblables se reproduisent. De plus, son guide récemment publié "Acheter Vert" (Buying Green) sur les commandes publiques environnementales conseille, en contradiction avec la directive existante sur la question - loi de lUE -, de ne pas se préoccuper de la protection des personnes dépendantes des forêts dans leurs appels doffres pour les commandes publiques (2).

Et ce nest pas tout : la Commission a raté une échéance pour présenter un projet de loi reconnaissant labattage illégal et son commerce comme crime environnemental (voir Plan d'action ` FLEGT 'ci-dessus).

(1)  Paul Toyne, Cliona O’Brien and Rod Nelson (June 2002) The timber footprint of the G8 and China: Making the case for green procurement by government. WWF International.
(2)  Voir l’analyse de la directive de FERN (2004).

LIENS
Pour les communiqués de presse et briefings complets des 11 et 14 mai 2004 voir http://eu.greenpeace.org/issues/forests.html

Contrats publics
Directive 2004/18/EC du Parlement Européen et du Conseil sur la coordination des procedures pour l’obtention des contrats de travaux publics, des contrats publics de fournitures et les contrats publics de services (Mar 2004)   http://europa.eu.int/eur-lex/pri/en/oj/dat/2004/l_134/l_13420040430en01140240.pdf
Guide "Acheter Vert” sur les commandes publiques environnementales ‘Buying green’ (Oct 2004) http://europe.eu.int/comm/environment/gpp/
FERN (Jan 2004) To Buy or Not to Buy. Disponible sur http://www.fern.org/pubs/reports/procure.pdf

 

8. Les ONG exigent le support de l’UE pour combattre l’abattage illégal dans les régions du Delta du Sud Nigeria

Dix-neuf ONG nigériennes et quatre organisations internationales ont invité l'UE à agir contre labattage illégal dans lEtat de Cross River, une région connue pour sa biodiversité exceptionnelle. Labattage sauvage sans soucis de gestion forestière durable par des sociétés multinationales comme WEMPCO (société détenue par des ressortissants chinois) a décimé les forêts tropicales de cet état ces dernières années. Si cette situation perdure, ce qui reste de la forêt tropicale dans ce secteur disparaîtra dans un délai de dix ans.

La filiale de WEMPCO installée dans le village d'Ikom a été accusée dabattage illégal par le gouvernement de lEtat de Cross River et, en juillet 2004, le gouverneur a approuvé sa fermeture. Cette mesure, bien accueillie par les ONG locales, na pas encore été appliquée et les pratiques de coupes illégales continuent.

La protection de l'environnement, la promotion de la bonne gouvernance, l'amélioration de la transparence et la lutte contre la corruption sont les priorités établies de coopération de lUE avec le Nigeria (1). Au vu des pratiques de WEMPCO qui sont en contradiction avec les directives de lUE pour ce pays, les ONG ont demandé à la Présidence de lUE de soutenir fermement la fermeture de la filiale de WEMPCO lors des futures réunions entre l'UE et le Nigeria.

L'UE n'a pas pris position sur la question au cours d'une Réunion de Hauts Fonctionnaires le 8 décembre 2004. De plus, la Présidence a noté, dans sa réponse à la lettre des ONG, qu'elle n'est pas en mesure dintervenir dans les relations entre les autorités nigériennes et les compagnies étrangères détenues par les ressortissants d'un pays [... ] qui n'est pas membre de l'OCDE.

La question de la gouvernance a néanmoins été discutée lors de la réunion du 8 décembre et la situation de WEMPCO a été évoquée, ce qui montre que lUE et le Nigeria se rendent compte du problème. La Plateforme forêts - CE accueille favorablement l'engagement de l'ambassade hollandaise à Abuja, capitale du Nigeria, de surveiller la situation, et espère que la délégation de la CE au Nigeria abordera la question en tant qu'élément de son soutien aux réformes de gouvernance.

(1)  d’après le Document de Stratégie par Pays 2001-2007. Disponible sur http://europa.eu.int/comm/development/body/csp_rsp/scanned/ng_csp_en.pdf#zoom=100

LIENS
Pour la lettre conjointe des ONG à la Présidence européenne, voir http://www.fern.org/pubs/ngostats/River%20State%20Rainforests%2011.04.pdf
La réponse de la CE à la lettre des ONG est sur  http://www.fern.org/pubs/platform/Nigeria%20EU%20response%20Dec%202004.pdf

 

9. Forest Watch Ghana exige un renforcement des lois forestières

Forest Watch Ghana, un groupe d'ONG ghanéennes, travaillant sur la Foresterie et la Gouvernance, a lancé en 2004 la campagne "Forêt pour le Peuple !". La campagne vise à assurer que les forêts du Ghana sont gérées au profit des Ghanéens en général et des communautés dépendantes des forêts en particulier. Elle exige spécifiquement de la Commission de foresterie du Ghana une plus grande transparence et une plus grande conformité dans l'application des lois du secteur.

Labsence d'application de la loi par la Commission de foresterie du Ghana fait perdre au pays $US100 million par an darriérés de droits de coupe (1). Avec 60 à 70 pour cent de population rurale vivant dans les régions forestières, lutilisation dune partie de ce revenu perdu pour indemniser les communautés pour l'extraction de leurs ressources forestières et pour aider à développer des zones dhabitation alternatives plus lucratives compatibles avec la gestion durable des forêts aurait un impact important.

Les chiffres parlent deux-mêmes: même si ces $US100 million devaient être uniquement intégrés dans les Fonds Consolidés du Gouvernement du Ghana (fonds utilisés dans différents buts, y compris le soutien au développement), son impact serait significatif. La somme couvrirait

  • 90 pour cent de lallègement de la dette annuelle du Ghana (Pays Pauvre Hautement Endetté, HIPC)
  • plus du Budget annuel de la Santé
  • plus du Budget annuel de lEducation

Le Ghana est lun des quelques pays qui envisagent de développer un Accord de Partenariat volontaires avec la CE. Il est à espérer que les négociations, qui font partie du Plan d'action de l'UE sur l'application des règlementations forestières, gouvernance et échanges commerciaux (FLEGT), augmenteront la transparence de la Commission de foresterie du Ghana, amélioreront l'application des lois forestières et donneront à la société civile l'élan politique pour faire campagne pour la réforme des lois forestières.

(1)  Cette évaluation de Forest Watch Ghana est basée sur des pertes de revenu dues à la gratuité des permis d’utilisation du bois, en contradiction avec l'Acte Ghanéen de Gestion des Ressources de Bois qui régit dans le pays depuis 1997.

Pour en avoir plus d’information sur cette campagne contacter Alhassan Adam, Forest Watch Ghana, spahassan@yahoo.com


Informations  u t i l e s

10. Comprendre la complexité de l’UE: nouveaux briefings et publications

All change: a proposal for a new instrument on development and economic co-operation (Dec 2004): Une publication de FERN pour comprendre les principaux éléments de la proposition récente de la Commission de simplifier laide au Développement de la CE, ainsi que les inquiétudes et recommandations de FERN. http://www.fern.org/pubs/briefs/all%20change%20with%20head.pdf

Europe and North Asia FLEG: a key task for civil society (Dec 2004): Cette publication de FERN/TRN de FERN/TRN présente les derniers développements dans les tentatives des gouvernements Européens et Nord-Asiatiques (ENA) de combattre labattage illégal par les initiatives globales de FLEGT. L'ENA-FLEG sera lancé avec sa première conférence ministérielle en Russie en 2005.http://www.fern.org/pubs/briefs/ENA-FLEG%2012.04.pdf

A Guide to EU funding: Accessing Europes Largest Donor (Dec 2004): L Euro Citizen Action Service (ECAS) a lancé la 10ème édition de son guide de lUE du financement des ONG. Avec le financement par lUE toujours perçu comme secteur complexe auquel nont accès que les initiés, ce guide est une tentative de rendre l'information accessible et de réduire au minimum sa complexité. Il offre également une série de conseils et la liste des contacts pour aider les ONG à trouver leur chemin dans le labyrinthe du financement par lUE. Le guide est disponible au prix de 39 euros sur: publication@ecas.org. Voir aussi le site ECAS http://www.ecas.org

Quest-ce que lObservation Indépendant des Forêts (OIF)? (Dec 2004): Un feuillet de Global Witness disponible dans quatre langues (anglais, français, portugais et espagnol) cherchant à décrire le statut et les fonctions d'une surveillance indépendante  http://www.globalwitness.org/projects/

 

11. Qu’est-ce que la Plateforme Forêts–Communauté européenne ?

En juillet 2002, FERN a lancé la Plateforme Forêts–Communauté européenne (CE). L'objectif de cette plateforme est de veiller à ce que la coopération au développement de la CE (10 % de l'aide publique mondiale au développement) ait un impact positif pour les forêts et les populations des forêts. Ses principaux objectifs sont:

·         offrir un canal de communication aux ONG et aux populations des forêts qui souhaitent faire entendre leur voix auprès de la Communauté européenne;

·         débattre de l'impact des projets et politiques communautaires d'aide sur les forêts et les populations des forêts;

·         fournir aux décideurs de la CE des informations du terrain sur les forêts et les populations des forêts;

·         promouvoir le renforcement de la coopération et du dialogue entre les ONG de la CE et du Sud, les organisations des communautés locales et les organisations des populations autochtones.

Les activités de la Plateforme doivent contribuer à améliorer la mise en œuvre des engagements pris par la Commission européenne en matière de coopération au développement, d'intégration de la question environnementale et de reconnaissance de la société civile comme un partenaire actif. Les échanges entre les ONG environnementales européennes et les ONG du Sud doivent faciliter la sensibilisation des premières aux problèmes de développement des populations du Sud.

 

Pour plus d’informations ou pour coopérer à la Plateforme Forêts–Communauté européenne, visitez notre site Internet www.fern.org/pages/aid/platform.htm ou envoyez un courrier électronique à la coordinatrice de la plateforme, Iola Leal Riesco, iola@fern.org