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Les OSC de pays forestiers émergents partagent leurs espoirs et leurs inquiétudes sur des politiques européennes plus « vertes »

11 octobre 2019

Les OSC de pays forestiers émergents partagent leurs espoirs et leurs inquiétudes sur des politiques européennes plus « vertes »

En septembre 2019, des défenseurs de l’environnement et des droits humains d’Afrique et d’Asie travaillant sur les forêts du bassin du Congo, d’Afrique de l’Ouest et du Bas-Mékong, se sont rendus dans des pays de l’UE pour tirer la sonnette d’alarme. L'UE doit jouer un rôle clé dans la recherche de solutions mondiales si elle veut vraiment protéger la biodiversité et verdir ses politiques en Europe et dans le monde. Le Pacte Vert européen actuellement en construction doit impérativement s’assurer que les voix du Sud soient entendues.

Tous les deux ans, Fern en collaboration d'autres ONG de l'UE, facilite le dialogue politique entre les OSC du Sud, les institutions de l'UE et ses Etats-membres et les acteurs du secteur privé. Cette année a été l’occasion de débattre du formidable élan en faveur des forêts et du climat avec des responsables européens et de faire part des espoirs et des préoccupations suscités par la proposition d’un Pacte Vert européen ainsi que la communication de la Commission sur la protection des forêts et la reforestation dans le monde.

Les dirigeants de la société civile ont exhorté l'UE à redoubler d'efforts pour lutter contre l'exploitation illégale des forêts et à récompenser les progrès accomplis par les pays producteurs mettant en œuvre un accord de partenariat volontaire (APV). « Le bassin du Congo pourrait rapidement devenir une nouvelle frontière pour la conversion des forêts pour les agro-industries », a averti Justin Kamga de FODER. « Au Cameroun, le gouvernement a récemment octroyé un permis agricole dans une ancienne concession forestière sans suivre la procédure prévue. Devrions-nous garder le silence sur les mauvaises pratiques ou demander davantage de redevabilité ?

Lors de leur rencontre avec la Commission, le Service européen d’action extérieure et des membres du Parlement européen à Bruxelles, les délégués se sont félicités du nouvel élan sur les forêts et du projet de Pacte Vert européen, tout en formulant des craintes concernant un soutien effectif à la préservation des forêts tropicales et un rétrécissement possible de l’appui au rôle de veille de la société civile dans le futur budget de l'UE.

À Bonn, ils ont demandé à l’autorité compétente allemande du Règlement Bois de l’UE de respecter l’engagement pris par les décideurs européens d’accorder aux licences FLEGT un accès préférentiel aux marchés de l’UE. Ne pas respecter cette promesse constituerait un signal négatif pour les pays producteurs qui ont investi temps et ressources pour assainir leur secteur forestier et se conformer à des normes juridiques et en matière de durabilité les plus strictes pour leur bois.

Lors d'une réunion organisée par Coordination Sud et Fern à Paris, la secrétaire d'État française Brune Poirson a appelé la France et l'UE à cesser de retarder l'action en matière de déforestation, si l’on veut vraiment s'attaquer au changement climatique. Les dirigeants des OSC du Sud ont, quant à eux, souligné l'importance de processus transparents et inclusifs pour la réalisation des contributions déterminées au niveau national (CDN), à l’instar des APV. Hop Vu Thi Bich du Centre vietnamien pour le développement rural durable (SRD) a souligné que : « Dans nos pays, nous ne pouvons pas agir sur le climat sans améliorer la gouvernance forestière et impliquer les communautés locales. »

« La société civile doit faire partie du dialogue sur le climat pour construire l’intégrité dans les solutions nationales », a expliqué Christian Mounzéo de la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme en République du Congo. 

Dans les mois à venir, l’UE élaborera des propositions pour son Pacte Vert européen. Pour les dirigeants d'OSC des pays tropicaux boisés, il est essentiel que l'UE et ses pays partenaires incluent les forêts et les moyens de subsistance des populations locales. Un soutien financier adéquat est nécessaire pour faire face à la crise forestière liée à la demande croissante de produits de base et de terres arables. Julie Weah, de la Fondation pour une initiative communautaire (FCI) au Libéria, a déclaré : « Nous devons continuer à renforcer nos capacités de surveillance des activités forestières et avoir accès aux décideurs de l'UE, afin de garantir que les voix et les aspirations locales, y compris celles des femmes, soient entendues. »

Vous trouverez d’autres témoignages de première main des communautés forestières dans les forêts tropicales dans le nouveau rapport de Fern, Nos Forêts, Nos Vies ; Consultez la déclaration des organisations de la société civile des pays forestiers tropicaux.

Catégories: News, FLEGT, Forest Law Enforcement, Governance and Trade (FLEGT), Cameroon, Ghana, Liberia, The Republic of Congo, Vietnam

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