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Le Pacte vert pour l’Europe offre un espoir pour l’avenir des forêts

11 décembre 2019

Le Pacte vert pour l’Europe offre un espoir pour l’avenir des forêts

Le 11 décembre, la Commission européenne, désormais dirigée par l'ancienne ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, a publié sa proposition tant attendue d'un Pacte vert (Green Deal) pour l’Europe. Ce pacte comprend deux initiatives distinctes concernant les forêts qui ouvrent la voie à de nouvelles politiques prometteuses pour les forêts en Europe et dans le monde.

Au niveau international, la Commission a déclaré qu'elle prendrait des mesures réglementaires pour promouvoir des chaînes d’approvisionnement exemptes de déforestation à partir de 2020. Il s'agit d'une évolution par rapport à la Communication historique de juillet dernier sur l'intensification de l'action de l'UE pour protéger les forêts mondiales. La Commission Juncker, alors à l’initiative, s'était bornée engagée à évaluer la nécessité de telles mesures.

A l’échelle européenne, la Commission reconnaît que « les zones boisées de l'UE doivent être améliorées, tant en qualité qu'en quantité, afin que l'UE parvienne à la neutralité climatique et à un environnement sain ». La Commission a aussi déclaré qu'elle "identifierait des mesures pour réhabiliter et restaurer les écosystèmes dégradés", via la stratégie 2020 de l'UE sur la biodiversité. Elle s’est aussi engagée à élaborer des lois pour mettre en œuvre ces objectifs en 2021. Enfin, elle s’est engagée à envisager un « plan pour la restauration naturelle », assorti de financements, ainsi que des « mesures réglementaires pertinentes pour une ambition climatique accrue ».

Dans un communiqué, Fern a salué la proposition de Pacte vert, indiquant qu'il pourrait constituer un tremplin pour une action forestière ambitieuse. Mais Fern a aussi averti que la Commission devrait faire des choix ardus lors de la mise en œuvre de solutions concrètes.

La Commission n’évoque pas le type de réglementation qu'elle mettra en place pour lutter contre son empreinte forestière mondiale résultant de sa consommation de denrées de base agricoles. Les ONG, les Eurodéputé.e.s et, plus récemment, les entreprises ont appelé à une règlementation qui garantira que les entreprises qui commercent dans l'UE fassent le suivi, traitent et atténuent les impacts négatifs de leurs chaînes d'approvisionnement sur les forêts et les droits humains.

La Commission s'engage également à montrer l’exemple sur le climat au niveau mondial, mais elle ne fait aucune mention d’un engagement pour une action internationale contre la déforestation. Pour y parvenir, l'UE doit intégrer pleinement les forêts dans ses programmes plus larges sur le climat et le développement et négocier des accords de partenariat solides et équitables avec les pays forestiers. De tels accords doivent être soutenus par les organisations représentant les populations tributaires des forêts, afin de s'attaquer aux causes profondes de la déforestation, telles que la mauvaise gouvernance.

Au niveau européen, l'UE devra également évaluer ses politiques climatiques actuelles.

Son objectif de neutralité carbone pour 2050 ne pourra être atteint sans l’adoption d’une législation pour restaurer les forêts, les zones humides et les tourbières qui jouent un rôle crucial dans l'élimination du dioxyde de carbone de l'atmosphère. Fern exhorte la Commission à adopter des objectifs contraignants pour la réhabilitation des terres et la restauration des forêts afin qu'elles redeviennent des écosystèmes sains, qui stockent plus de carbone et sont plus résistants au changement climatique, mais aussi qui fournissent des services essentiels tels que le filtrage de l'eau.

Pour ce faire, l’Union européenne devra revoir ses politiques climatiques actuelles. Les forêts européennes ne pourront pas être restaurées sans remettre en cause les subventions européennes qui, depuis 2009, incitent les pays à bruler du bois des forêts pour produire de l'énergie, considérée comme renouvelable. Cette politique a entrainé une diminution considérable de la capacité des forêts à absorber du dioxyde de carbone, au cours de ces cinq dernières années. Fern appelle à la révision du paquet climat énergie afin de supprimer progressivement les subventions à la filière bois / énergie et mettre fin au mythe selon lequel la combustion du bois est neutre en carbone.

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