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Communiqués de presse

En signant un accord de libre-échange avec le Mercosur, l’UE sacrifie les forêts et les droits sur l'autel du commerce

28 juin 2019

En signant un accord de libre-échange avec le Mercosur, l’UE sacrifie les forêts et les droits sur l'autel du commerce

Bruxelles, 28/06/2019 - L'accord commercial conclu aujourd'hui entre l'Union européenne (UE) et le Mercosur, communauté économique comprenant le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay, aura des conséquences dévastatrices pour le climat.

Alors que l'élevage constitue la principale cause de déforestation dans ces pays, l’accord permettra d’importer plus de bœuf en exonération de taxes. Il favorisera aussi l'exportation de voitures européennes tout-terrain surconsommatrices d’essence, dont les sud-américains les plus riches sont particulièrement friands.

« Cet accord commercial constitue une double peine pour la planète: il va exacerber la déforestation et encourager la production de grosses voitures polluantes. Il pourrait tout simplement s’agir là du pire accord commercial de l’UE pour le climat », a déclaré Perrine Fournier, chargée de campagne commerce et forêts pour l’ONG Fern.

L'UE s'est engagée à mettre un terme à la déforestation mondiale d'ici à 2020. Dans sa stratégie de 2015 dite du « commerce pour tous », elle s’est également engagée à utiliser les accords commerciaux comme des leviers au service de la promotion du développement durable et des droits humains.

A l’inverse, au Brésil, depuis l’entrée en fonction de Jair Bolsonaro en tant que président, les protections environnementales ont été démantelées, les incursions d’envahisseurs armés sur les terres des peuples autochtones ont augmenté et les taux de déforestation en Amazonie ont explosé.

« Alors qu’elle prétend fonder sa politique commerciale sur de grands principes humanistes, voilà que la Commission européenne signe un accord avec un gouvernement de climatosceptiques qui s’est lancé à l’attaque de l’Amazonie et des peuples autochtones. Cet accord commercial rend l'UE complice des politiques de Bolsonaro et il saborde le bilan de la Commission Juncker sur le climat et les droits humains », a ajouté Fournier.

La balle est maintenant dans le camp du Conseil et du Parlement européen qui doivent approuver l’accord. Le 20 juin dernier, les États membres de l'UE ont fait de la « promotion des valeurs européennes sur la scène mondiale » une priorité pour les cinq prochaines années.

Les résultats des élections européennes ont démontré la préoccupation des citoyens en faveur des questions environnementales. Un récent sondage YouGov a également révélé que 87% des Européens ne souhaitent pas acheter de produits laitiers, de viande ou de snacks dont la production a contribué à la déforestation.

« Fern appelle les gouvernements de l'UE et les eurodéputés à prendre en compte les aspirations environnementales des citoyens et à s'opposer à cet accord. Ce dernier ne peut être conclu sans mesures fortes et contraignantes qui garantissent la protection des forêts et le respect des droits humains », conclue Fournier.

FIN

Notes :

Dans une note d'information (en anglais) sur le secteur de l'élevage bovin, Fern a fait état des effets dévastateurs de l'élevage dans les pays du Mercosur. Ce dernier est responsable de 80% de la déforestation en Amazonie brésilienne et de la perte de forêts dans la partie paraguayenne du Gran Chaco, deuxième plus grande zone forestière d'Amérique du Sud.

En 2018, 78,8% des importations de viande bovine de l'UE provenaient du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay).

Catégories: Accords de libre-échange

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