État des lieux de la déforestation dans les provinces minières de Lualaba et Haut-Katanga due aux activités minières
18 mars 2026
Les forêts de Miombo constituent la plus grande zone de forêt sèche au monde. Elles couvrent une superficie estimée à 2,4 millions de kilomètres carrés, soit environ 10 % de la superficie forestière totale de l'Afrique.
Les forêts de Miombo de la RDC se trouvent dans le sud-est (régions de la ceinture de cuivre), bien connues pour l'extraction de minerais tels que le cobalt et le cuivre, essentiels à la transition énergétique et numérique mondiale. Les forêts de Miombo de la RDC couvrent environ 58 % de l'ancienne province du Katanga et fournissent plusieurs services écosystémiques. Elles abritent une biodiversité exceptionnelle et jouent un rôle vital dans la régulation du climat et la sécurité alimentaire des communautés locales en fournissant divers produits forestiers non ligneux, notamment des fruits, du miel, des champignons et des plantes médicinales, tout en restant un espace dédié aux activités rurales.
Mais elles subissent une déforestation et une dégradation sévères, liées notamment à une exploitation minière intensive.
Cette nouvelle étude d’Afrewatch, soutenue par Fern, analyse la dynamique du couvert forestier entre 2000 et 2024. Elle révèle que les forêts disparaissent :
- 873 926 hectares de forêt de Miombo ont été détruits dans la ceinture cuprifère du Katanga et dans la zone autour du corridor de Lobito.
- Cette destruction entraîne des émissions totales d’environ 108 mégatonnes de CO₂e (équivalent aux émissions annuelles du Bangladesh).
Cette déforestation représente :
- 12 fois la superficie de Lubumbashi, soit l’équivalent de la moitié de la ville perdue chaque année.
- 83 fois la superficie de Paris, soit 3,5 fois Paris perdue chaque année.
Ces chiffres démontrent que la trajectoire actuelle de l'extraction est incompatible avec les objectifs climatiques internationaux et nécessite une réforme immédiate des conditions d'investissement et de gouvernance du secteur.
Catégories: Reports, Critical minerals, The Democratic Republic of Congo
